‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 11 sur 157 · DÉFAITE DES CATHOLIQUES · texte numérisé non relu

DÉFAITE DES CATHOLIQUES

citaient la nomination de Rok3isana à Tarchevèché de Prague, se trouvaient au premier rang des hommes sur la connivence desquels la Curie s*était habituée à compter, Procope de Plzen, Jean de Prjibram, Pierre de Mladénovitse.

Un grand .couraptd*opinion se dessinait; comment Georges n*aurait-il pas cherché à en profiter pour étendre et affermir son autwité? — Il se sentait assez de cœur et de génie pour rendre à la Bohême la tranquillité et la puissance : comment n*aurait-il pas écarte les obstacles qui empêchaient ses facultés de sortir leur plein effet? C'était son droit, et c'était son devoir. L'ambition n'est coupable que lorsqu'elle oublie les intérêts généraux dans des préoccupations égoïstes. Dans ce sens, quel était ici l'ambitieux, d'Ulrich de Rosenberg et des nobles catholiques qui, dans un but personnel, ou même, en acceptant l'hypothèse la plus favorable, dans un parti-pris haineux, entretenaient le désordre et ménageaient soigneusement les éléments de décomposition et de ruine ', ou de Georges qui mettait tous ses soins, toute sa sincérité à fermer l'ère des guerres civiles, à rétablir l'ordre et à ramener la confiance dans les esprits?

La question ne se posait même pas alors en Bohême pour l'immense majorité de la population. Les Catholiques sentaient le sol manquer sous leurs pas, luttaient avec un acharnement désespéré contre la pression toujours plus forte du peuple qui demandait la paix, l'ordre et la liberté religieuse. Leur confiance dans le succès et leur hauteur avaient fait place au découragement et aux hésitations. Ils ne voyaient plus qu'une chance, traîner les choses en longueur, atteindre ainsi le moment où le fils d'Albert, Ladislas, arriverait

I. Bachmann, toujours si sévère pour Podicbrad,dans lequel il ne voit qu*un ambitieux qui, sans conviction personnelle, exploite le Hussîtisme pour arriver à la royauté, reconnaît cependant qu'Ulrich de Rosenberg est responsable de rèchec de toutes les négociations avec Frédéric et que ses intrigues rendaient impossible la constitution d'un gouvernement. Art. Poifiy^ra^, dans VAUgcmciitc dcutschc Htogiaphic,

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ù sa majorité, et reprendre avec lui le plan si malheureusement interrompu par la mort de Sigismond; ils n'abandonnaient pas leurs espérances, mais les ajournaient, confiants dans le hasard, le temps et les fautes des Hussites.

C'était compter sans Georges; sa modération était fort avisée, et sa diplomatie, très sincère et remplie de bonne volonté, était très clairvoyante. Il avait négocié aussi longtemps qu'il avait espéré ramener ses adversaires, puis aussi longtemps qu'il lui avait paru nécessaire pour établir aux yeux de tous leur mauvaise foi. Du jour où il eut la preuve qu'ils étaient absolument sourds à toute raison et où il l'eut clairement démontré à ses partisans, il agit avec beaucoup de rapidité et de vigueur. Il convoqua une grande diète a Koutna-Hora, où parurent non seulement les représentants des quatre cercles qu'il gouvernait, mais tous ceux qui étaient décidés i\ soutenir sa politique : dans cette sorte d'as* semblée plénière du parti utraquiste, on lui confia les pouvoirs les plus é.tendus; il en usa aussitôt pour frapper un grand coup. Sigismond, en nommant Menhart de Hradets burgrave de Prague, avait assuré la domination du parti catholique dans la capitale du royaume; la très grande majorité des habitants, Calixtins fanatiques, supportait aviec désespoir cette autorité et n'attendait qu'une occasion de secouer un joug détesté. Fallait-il laisser languir plus longtemps dans une odieuse dépendance des alliés, des défenseurs de la vraie foi? Ou bien Georges aurait-il dû prévenir ses adversaires de ses intentions et rendre inévitable une collision sanglante? Ses armements avaient provoqué quelques inquiétudes parmi ses adversaires : avec une naïveté singulière et qui ne s'explique que par leur découragement et la conviction où ils étaient de leur impuissance, ils se contentèrent de déclarations vagues, ne prirent aucune précaution. Georges profita de leur inaction; il parut à rimproviste devant Prague et l'enleva sans coup férir, à la grande joie des Praguois qui lui reconnurent sans

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marchander tous les droits régaliens qu'il s'attribua '. (Septembre 1448.)

I. Palgliky, IV, I, p. 191-109. Les Cttholiques, après avoir favoriaé It succès de Georges pmr leur ind&ision et leur imprévoyance, essayirent eDtuiie d'excuser leur faute en accablant le vainqueur de reproches. Ils parltrent de perfidie, de trahison : injustice ordinaire des partis qui exigent TOlontiert det Buirca une délicatesse de conscience et un luie de scrupules qu'ils dédaignent pour leur propre compte. Ce qui est plus singulier, c'est que M. Palatsky semble dans une certaine mesure désapprouver Habileté de Georifes El regrette de ne pas trouver en lui celte magnanimité chevaleresque qu'il admire dans Ptatchek : en réalité les temps étaient changés et la magnanimité n'était plus de saison. Plus d'hésitation eût été de la faiblesse. Gcoi^es n'était paa un chevalier, henreuaemeni pour la Boh<me.

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