‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 138 sur 157 · i4<)<'». Ce sont les propres pan»les de Vchehrd · texte numérisé non relu

i4<)<'». Ce sont les propres pan»les de Vchehrd

S. Nicolas Konatch de Hodichtkov, f 1546, traduit la chronique bohOine d'.Kncas Sylvius, i5io, — revue et corrigée par Veleslavin i385, — des dialoiiuesdc Lucien, etc. Ulrich Vélensky de Mnichov, f après i532, public des traduction^ de Lactance, Krasmc, Marsilc Ficin, etc. Jean Tcheska: le livre des anciens sages, vers 1 5oo. Cîréuoirc Hrouby de Jelen, f 1 314: traductions de Pétrarque. Valla. Ponianus, diverses œuvres de Cicéron, saint Basile, saint Cyprien.

402 LA LANCrE TCHEQUE

rêlcgance, au charme du grec ; par les divers ornements du style, par la meilleure composition des mots, elle depasse le latin, qui n'arrive pas ou n'arrive qu'à grand peine à suivre le grec. Je n'ignore pas que le latin a été plus travaillé et ennobli par le travail de ses écrivains, mais je parle de la nature, de Tessence des deux langues. Si les anciens Tchèques avaient travaillé avec autant d*ardeur que jadis les Romains à développer leur langue, le bohème serait beaucoup plus riche et plus abondant que le latin. «

Tant de patriotisme eut sa récompense; de ce long labeur et de ces efforts obstinés sonit la langue du xvi* siècle, si souple, si sonore, d'une si noble allure ; lors de la Renaissance contemporaine, les écrivains qui ont réagi contre la barbarie du xvnr siècle et rendu une littérature et une langue ù la Bohème, se sont formés à Técole des écrivains de cette période ; par le style comme par le cœur, ils sont les disciples de Vchehrd et de ses émules. — La première condition pour Téclosion d'une grande époque littéraire, c*est que la forme ait atteint un certain degré de perfection, mais ce n'est qu'une condition ; au moment où elle fut écrasée, la Bohème était à peine en possession de l'instrument, le temps lui fut refusé pour s'en servir.

Personne ne pouvait soupçonner encore combien les jours de vie étaient strictement comptés au peuple tchèque. Les pressentiments de Vchehrd ne s'appuyaient sur rien, et la sollicitude qu'il déployait pour défendre et enrichir la langue, pouvait paraître au moins exagérée : jamais, en effet, l'indépendance nationale n'avait semblé moins me* nacée, et le triomphe du slave n'avait été plus incontesté.

Depuis la Bulle d'or ^i356\ la Bohème, où la suzeraineté impériale a toujours été fon douteuse en droit et nominale en fait, formait un royaume absolument souverain. Charles IV avait tranché en sa faveur toutes les questions controversées : le roi rend et fait rendre la justice de sa seule et pleine autorité ; les habitants ne peuvent être cités devant aucun tribunal étranger; tout appel aux tribunaux de l'Empire est nul de plein droit, et l'appelant est

puni ipso facto par la perte de son procès. Les résolutions des diètes et les ordonnances des Empereurs ne sont pas exécutoires en Bohême; l'Empereur n'j'convoqu» jamais de diète, n'y possède aucun domaine, n'a pas le droit de pénétrer sur son territoire; le roi nomme à tous les fiefs, dispose des bénéfices ecclésiastiques; Tinvestiture qu'il reçoit s'applique non à la couronne, mais à l'Electorat, et l'Empereur ne contrôle ni ne confirme l'élection du souverain. — Le litige qui avait duré pendant plusieurs siècles, était donc résolu définitivement; la Bohème était absolument autonome et indépendante; les Empereurs germaniques, après avoir réduit peu à peu leurs prétentions, avaient abandonné jusqu'à toute pensée de revanche. Ils avaient bien assez d'affaires sur les bras sans aller encore se compromettre avec ces Slaves qui n'avaient pas en général porté bonheur à leurs prédécesseurs, et leur ambition, fort modeste, allait désormais, non pas à étendre leur influence de l'autre côté des montagnes, mais à se défendre contre l'ingérence des rois tchèques dans la politique allemande. Lorsque Maximilien créa le tribunal d'Empire (1492) et les Cercles (i5i2), il ne fit aucune mention de la Bohème : elle ne payait pas d'impôts, ne fournissait pas de soldats, ne parlait pas la même langue; à quel titre la rattacher à l'Empire? Le seul lien qui existât entre les deux pays, tout personnel et intermittent, était le droit du roi de Bohême h prendre part à l'élection des Empereurs : à plusieurs reprises, les souverains et les princes allemands essayèrent de le rompre ; les Tchèques protestèrent, ce qui n'était pas d'une inspiration très heureuse: ils voyaient dans leur privilège un titre d'honneur, des occasions de gain et un moyen d'étendre leur influence à l'étranger, et d'ailleurs c'était une prérogative sans contre-partie, un droit qui n'entraînait pas de devoir; ils se maintinrent dans cette condition anormale, continuèrent à revendiquer le privilège de donner des chefs à un Empire dont ils ne subissaient plus l'autorité.

Le désarroi croissant de l'Allemagne, les troubles politiques et religieux, l'affaiblissement du pouvoir central

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