‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 145 sur 157 · L^INDÉPENDANCE DE LA BOHÊME MENACEE · texte numérisé non relu

L^INDÉPENDANCE DE LA BOHÊME MENACEE

leur énergie vitale : à ce point de vue aussi, les suites du gouvernement des nobles étaient fâcheuses. Le pays souffrait; les lois oppressives et les menaces contre les bourgeois paralysaient ou du moins ralentissaient le progrès économique; l'absence de sécurité, les monopoles, les péages trop multipliés arrêtaient le commerce et l'industrie ; les travaux publics étaient abandonnés, les routes n'étaient plus entretenues ; les impôts, écrasants parce qu'ils étaient mal répartis, empêchaient la formation du capital ; l'argent devenait rare : une ordonnance de 1485 défend d'exiger outre Tintérct légal à 10 0/0 des cadeaux et autres faveurs; mais les lois contre Tusure n'ont jamais abaissé Tintérèt, et les persécutions intermittentes contre les Juifs, qui concentraient presque tout le commerce de Targent, excusaient et exagéraient leurs exigences. Le désordre, en empêchant le travail régulier et en facilitant les bénéfices illicites, corrompait les mœurs : les classes supérieures dissipaient dans les orgies et l'étalage d'un luxe effréné des gains mal acquis; la bourgeoisie perdait le goût du travail et de l'épargne, et l'ivrognerie se propageait parmi le peuple.

Le royaume s'émiettait : on n'avait pas même obtenu de l'indifférence de Vladislas que la Silésie, la Moravie et la Lusace fussent officiellement et définitivement rattachées à la Couronne, et les Hongrois continuaient à prétendre qu'elles relevaient de l'Etat magyar. Prétentions peu redoutables en elles-mêmes: mais, dans chacune de ces provinces, un parti séparatiste se formait; les forces centrifuges l'emportaient, plus dangereuses en Silésie et en Lusace, où la ma.jorité appartenait aux Allemands, inquiétantes partout. Les Tchèques n'avaient rien fait pour fondre dans un sentiment national commun les diverses parties du royaume, pour les réunir sous une même administration : leurs prétentions arrogantes, le droit exclusif qu'ils s'attribuaient d'élire le souverain, provoquaient d'amères récriminations; en traitant les Silésiens et les Moraves comme des sujets et non comme des égaux, ils les excitaient à la défection. Les diètes générales, établies par Charles IV et où les questions qui in-

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