‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 148 sur 157 · BATAILLE DE MOHACZ · texte numérisé non relu

BATAILLE DE MOHACZ

ne cessèrent pas. Seules les troupes du parti royal rejoignirent l'armée; Lev et Pachek, chez lesquels la rancune avait étouffé tout sentiment de devoir et de loyauté, entassèrent difficultés sur difficultés; puis, quand ils mirent leurs soldats en marche, ils manœuvrèrent si bien qu'ils arrivèrent après le combat. Après tout, les Hongrois ne leur donnaient-ils pas l'exemple ! A la bataille de Mohacz, Louis n'eut à opposer aux 3oo,ooo Turcs que 26,000 hommes mal équipés et mal organisés. Accepter le combat dans ces conditions était un acte de folie ou de désespoir; le roi brava la fortune. La victoire ne fut pas longtemps douteuse ; en une heure et demie, le 29 août i526, fut détruit le royaume hongrois devant lequel s'étaient brisées tant de fois les hordes ottomanes; il ne fallut pas moins de deux siècles pour leur reprendre leur conquête. Le jeune souverain se noya, en cherchant à fuir, dans les boues de l'Esselye.

« C'est une chose inouïe, dit tristement une complainte contemporaine, qu'un tel roi soit ainsi honteusement sorti du monde... Est-ce là la fidélité qu'on lui avait promise? » — Lev lui-même, en grande partie coupable de la catastrophe, éprouva peut-être un moment de remords : « Voilà où nous en arrivons avec ces sectes et ces hérésies diverses, s'écriat-il en apprenant la défaite. Dieu permet ces deuils et ces tristesses pour nos péchés ; car, nous ne pouvons pas nous en défendre, nous sommes coupables. » Qui sait? Ce n'était là peut-être qu'une de ces déclamations pompeuses avec lesquelles il maintenait ses partisans.

La mort de Louis ouvrait pour la Bohême une crise redoutable. En plein désarroi, elle se trouvait en présence d'un problème des plus dangereux : le trône était vacant; à qui allait-elle remettre ses destinées? De sa décision, sa

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