Cp. Frind, Kirchengesçh.^ IV, p
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l'honnêteté ordonnait de ne pas éveiller des espérances qu'il était impuissant à satisfaire, de ne pas contracter une dene impossible à payer. En berçant la cour romaine de promesses de soumission» on la détournait de toute velléité de transaction : les concessions n'auraient eu en effet d'excuse aux yeux du pape que si elles avaient été le seul moyen d'arriver à la paix. Les engagements alambiqués du roi ont pour effet de fermer dès la première heure toute voie de conciliation ; on ne lui permettra plus de débattre librement les conditions de l'union, on lui demandera de tenir sa parole, de s'exécuter. A toutes ses demandes on opposera une fin de non-recevoir ; les désirs les plus modestes seront rejetés d'avance.
Le roi s'en rendit bientôt compte, et toi^s ses efforts allèrent, d'une part, à retarder par tous les moyens et sous tous les prétextes une explication qui, mettant en .relief la division irréductible des deux partis, aboutirait fatalement à une rupture, et de l'autre, à établir assez solidement son autorité pour braver sans trop de danger les foudres de rÉglise. Seulement, il avait à compter avec un adversaire expérimenté et qui attendait avec impatience l'occasion de prendre sa revanche. La tactique de Pie II était dictée par celle du roi. Tandis que celui-ci cherchait à gagner du temps, l'autre le pressait de montrer enfin sa foi par ses œuvres. Il ne désespérait pas encore de triompher à force d'insistance de ses irrésolutions, mais il n'était ni assez naïf ni assez mal informé pour lui permettre de profiter tranquillement de la bonne entente apparente, et il travaillait sous main à lui créer des difficultés. Il se poursuivit ainsi, plusieurs années durant, une guerre sourde entre deux partenaires qui n'étaient pas indignes l'un de l'autre, duel très brillant et dont l'issue resta longtemps douteuse.
La nouvelle des succès de Podiébrard, pour lesquels il réclamait justement quelque reconnaissance, rendait Pie II plus exigeant '. Il commençait à songer qu'il jouait un assez
I. U avait trouve bientôt que le roi de Bohême était plus victorieux qu'il ne l'aurait désiré et avait entrepris d'enrayer ses progrès; en somme, il n'avait que des paroles et Gcorgci tenait des gages. De là, un changement de