I. V. Palatsky, IV, 2, p. 36 1, note
iSl SUTRUS CORVIK
définitivement la proie de Mathias^la Moravie, la Siiêsie, se repentirent vite de la faute qu^elles avaient commise en le préférant à Georges, Il était soucieux de Tordre public ci des intérêts de ses sujets, mais il exigeait en revanche beaucoup d'argent et une obéissance sans réserve, « Vous avez dansé, répondait un jour un de ses favoris, Geoi^es de Stcin, à ces paysans de Breslau, qui lui exposaient leurs griefs, il vous faut payer les violons. On vous réduira à ne plus avoir rtnsolence de guerroyer avec les rois, de leur refuser obéissance et de les traiter d'hérétiques ^ yt
Avant de prendrt la main qu'il leur tendait, les ligueurs frappèrent à toutes les portes. En vain : personne ne répondit à leur appel. Ils ne pouvaient pas cependant attendre indéfiniment : Podiébrad poursuivait ses succès, une plus longue hésitation aurait causé leur ruine. Plutôt que de se soumettre, ils se contentèrent du seul allié qui se présentât. Même alors, leur attitude marque le peu d'enthousiasme que leur inspirait Mathias : ils ne se livraient pas complètement, ne lui accordaient que le titre de protecteur. Lui, de son côté, très accommodant, ne se blessait de rien, affichait le plus pur désintéressement: il comptait sur l'entraînement et le temps ; le premier pas fait, il saurait bien les mener où il voudrait. Au commencement de 1468, l'accord était fait entre les adversaires de Georges, et Mathias lui déclara la guerre.
L'entrée en ligne de la Hongrie releva le courage des Catholiques, fon abattu. L'armée magjare était formidable, organisée selon les nouvelles théories mises à la mode par les Hussites, aguerrie par de nombreuses expéditions, renforcée par des bandes mercenaires éprouvées, pleine d'enthousiasme pour son chef : la cavalerie surtout était redoutée, à juste titre. Le pape, sentant que le moment était décisif, redoublait ses condamnations et lançait ses dernières foudres. Fanatisées par ses promesses, quelques nouvelles bandes de croisés franchissaient la frontière; elles étaient^