INDIFFERENCE DE VLADISLAS
racher dans un jour de lassitude ou de faiblesse la renonciation du monarque.
Rien nVtait mieux fait cependant pour alTaiblir la royauté que les incertitudes qui planaient ainsi sur la nature et Torigine de son autorité, et les nobles en tirèrent avantage pour la réduire à n'être plus qu'une ombre sans corps et sans action.
Au moment où Vladislas arrivait en Bohème, malgré les progrès de la noblesse et bien que les circonstances continuassent à être favorables aux Grands, la partie n'était pas perdue pour le roi. Les villes, fort irritées des envahissements des seigneurs, étaient toutes disposées à renouer avec le souverain Talliance un moment interrompue; quoique les derniers événements eussent atteint leur richesse, leui^ ressources étaient encore fort importantes : abandonnées a leurs seules forces, elles n'en tinrent pas moins en échec Taristocratie pendant de longues années; unie à elles, la royauté eût facilement arrêté les progrès de ses adversaires et siiuvé de son pouvoir ce qui était nécessaire pour la stabilité et Tordre publics. Sans parler des paysans qu*il eût sutti de protéger contre la servitude pour s'assurer leur inaltérable dévouement, parmi les nobles eux-mêmes, les alliés n'auraient pas manqué au prince: tous ne tiraient pas de l'anarchie un égal avantage, beaucoup auraient préféré à ses bénétices irréguliers et douteux la paix et la sécurité; quelquesuns avaient Tesprit assez haut pour s'etYrayer d'exagérations dont le dernier terme serait fatalement la ruine du pays et une réaction despotique.
Comme il arrive souvent, la majorité honnête et modé^ rée fut écrasée par une minorité dont les convoitises étaient vives et la poussée continue, mais le résultat eût été tout diftérent si Vladislas avait su la grouper et la diriger. Malheureusement il n'eut jamais la moindre intelligence du rôle qui lui incombait, et les circonstances détournèrent bientôt son attention des affaires de Bohème. A la mort de Maihias, en 1400, les Hongrois lui offrirent le trône; revanche inespérée pour les Tchèques! Les provinces annexes