RTINE DV POUVOIR ROYAL
Dix ans à peine après l*êlection de Vladislas comme roi de Hongrie, la défaite de la royauté était si complète qu'elle semblait renoncer à tout espoir de revanche et Sanctionnait la victoire de Toligarchie en approuvant la constitution de i5oo. A ce moment, presque tous les domaines de la Couronne sont aliénés, et les nobles ont obtenu du prince qu'il abandonnât le droit de déshérence *. Le souverain n'a ni ressources permanentes et régulières» ni lorce publique, ni administration. Il n'a d'autres revenus que les redevances votées par la diète, et, comme l'impôt n'est pas encore entré dans les mœurs, les États ne l'accordent que de temps en temps, dans certaines circonstances et sous les plus expresses réserves ; il est réparti et perçu par les élus de la diète. Bientôt les recettes n'entrent même pas dans la caisse rovale. Le souverain, aux abois, a sollicité des principaux seigneurs des avances et des emprunts; les créanciers de la Couronne en abusent pour amener Vladislas à remettre complètement entre leurs mains la Chambre Rovale, c'est-à-dire la direction des finances ^. Le roi est en état de liquidation judiciaire. L'administration de la dette publique, des finances royales et de la fortune privée des grands officiers de la couronne se confond ; le désordre est inextricable et les malversations ehoniées. Les impôts n'enrichissent que des spéculateurs et ne suffisent même pas à payer les intérêts échus. La royauté s'avilit par son impuis-
rcsscmblait presque à celle d'une republique aristocratique, le roi-marjjravc n'était pas plus puissant que le doj»c de Venise, les États étaient plus puissants que les cclèbrcs Kiais-(îcncraux. » — Avec quelques variantes, la siiuatinn ciait la nicînc eu liohOmc qu'en Moravie.
1, Le dn'ii de dcshcrcncc ciaii, on cftct, un des moyens de refaire le patrinuMuc royal, ei. par là. de rendre quelque prestige à la royauté; il ne s*ap* pliquait d'abord qu'aux tîcfs, mais s'était peu à peu étendu aux alleux divises. Les nobles avaient d'abord réclame le droit pour le propriétaire de disposer de ses biens, à condition de faire inscrire de son vivant ses volontés dans les Tables du Pays. Celte mesure avait tellement réduit les déshérences que Vladislas consentit sans peine -à renoncer au principe même. La loi de Vladislas ne s'appliqua d'ailleurs qu'aux alleux» cl non aux tiel«. Cp. Voisel, -le droit de propriété chez les anciens Bohèmes, en tchèque), dans les AbhandL dcr K, ba-hm. Gcscllscha/t der Wissens.,\* Folgc, t. XI, p. 490.
2. Cp. Rezek, (la rcturme de la chambre tchèque sous Ferdinand !**), dans les Comptes-rendus de la Socictc des Sciences dfc Prague, 188a, t. TQLIU