‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 65 sur 157 · RUINE DU POUVOIR ROYAL · texte numérisé non relu

RUINE DU POUVOIR ROYAL

sance à tenir ses engagements et perd toute popularité en exigeant du pays de lourds et inutiles sacrifices.

A une époque où les armées permanentes ont partout remplacé les milices féodales, le roi de Bohême n'a d'autres troupes que celles de la levée en masse, et il ne peut ordonner cette levée qu'après avis de la diète ou lorsque le pays est envahi. En fait, sinon en droit, la direction de la politique extérieure revient aux États, qui seuls disposent des soldats et de. l'argent. — Dans la plupart des autres pays, l'administration monarchique s'organise, soumet peu à peu à sa haute surveillance les intérêts individuels et accroît son autorité en multipliant ses services : en Bohême, elle n'est pas même en voie de formation ; les capitaines de cercles, qui seuls représentent dans les provinces l'action du prince, ne sont pas permanents; lorsqu'on en trouve, Hs sont souvent élus par les nobles, toujours choisis parmi eux; quelquefois, leurs charges sont héréditaires : Jusqu'à quel point le roi peut compter sur leur soumission et leur dévouement, on le devine.

L'administration centrale échappe presque complètement à l'action du souverain. Le Grand Conseil n'est plus qu'une délégation de la diète ; la constitution règle la répartition des principales fonctions entre les diverses classes de la noblesse, c'est-à-dire que le roi est tenu de choisir exclusivement ses ministres parmi ses adversaires naturels. Une stricte hiérarchie a été établie entre les hauts fonctionnaires, et personne ne peut s'élever à une charge supérieure qu'après avoir passé par les degrés inférieurs. Les grands dignitaires sont nommés sur la proposition de la diète ou du Conseil, et les États coritestent au roi le droit de les déposer. Comme leur nom même l'indique, ils sont les représentants du pays, et non les serviteurs du pouvoir, prêtent serment à la constitution : leur tâche est de surveiller et de limiter l'action du prince, non de la réaliser.

A côté de cette administration nationale, l'administration royale, spécialement organisée pour régir les domaines immédiats de la Couronne, aurait pu, comme cela se

: T>E L OLIGARCHIR

piissa p;ir exemple en France, élargir ses attributions ei devenir l'iiistrumenl d'une reconstitution monarchique du pays : les diètes étendent peu à peu sur clic leur surveillance et leur autorité, et transforment les officiers de la Couronne en fonctionnaires du pays; ils sont soumis aux mèinesobli};attons, cl leur nomination dépend en partie des Éiats '. La prise de possession est si complète que, lorsque la roviiuté retrouve quelque indépendance, sous Ferdinand 1'^ son premier soin est de créer de toutes pièces une administration nouvelle.

Comme le pouvoir exécutif, le pouvoir judiciaire appartientà la diète. Le Tribunal suprême se compose d'un nombre déterminé de chevaliers et de nobles, ses membres sont inamovibles, ils se recrutent par une sorte de libre cooptation ou sont choisis sur l'avis du Conseil d'en haut. II possède dans la mesure la plus large le droit d'interpréter les lois dans tous les cas qui n'ont pas été prévus ; ses décisions sont souveraines, et ses jugements deviennent une des principales sources du droit prive. Le roi ne peut citer personne devant un autre tribunal, et son droit de grâce est presque annulé. Le Tribunal suprême joint à ses fonctions judiciaires une haute compétence politique et exerce une surveillance générale sur l'action dû souverain. II représente le comné permanent de la diète; initié aux détails les plus secrets des affaires, il prévient tout essai de résistance, et, réunissant dans son sein les membres les plus influents lie l'aristocratie, il imprime ii ses efforts une unité de dirtciion et une continuité de volonté qui les rendent îrK-sistibles.

ildcrK.

us c

•jui

se

passa

so

us le rogne de VladisUs, m«>« le»

nobles s

nous le nioiitrolis plus loin, d'une

j^sitiiio

1 de till

ras

"urs sanctionner pir une lui leurs

u.u.raiK

ni. La

^uts

olld

j noininaiioii de» Rrand» foncii^-

na.Ks apparltiiii

Cur

Page 1