‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 66 sur 157 · CHU · texte numérisé non relu

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TRIOMPHE DE l'oLIGARCHIE 22/

Les diètes sont fréquentes, leur vigilance active, et lors même que leur intérêt personnel n'interdirait pas aux membres du Tribunal suprême et aux grands fonctionnaires toute entente avec la Couronne, toute défection leur serait impossible. Aucune mesure importante n'est exécutée qu'après avoir été approuvée par les Etats, aucune loi n'entre en vigueur que lorsqu'ils l'ont acceptée. Les ordonnances n'ont de valeur qu'autant qu'elles ont été enregistrées dans les Tables du Pays, et ces Tables ne sont ouvertes qu'en présenco des délégués élus par la dicte. Les nobles prétendent même faire la loi à eux seuls et se passer de la sanction royale ; ils demandent que les résolutions de la diète soient inscrites dans les Tables du Pays, sans qu'il soit nécessaire d'obtenir pour cela l'autorisation royale; moins heureux en Bohême qu'en Moravie, ils ne parviennent pas cependant sur ce point à imposer leur désir au souverain, ou, plus exactement, ils ne s'y entêtent pas : à quoi bon? N'ont-ils pas assez de moyens pour forcer la sanction royale! Ils ne réussissent pas non plus à obtenir le droit de convoquer la diète sans l'approbation du roi; mais, en fait, l'interdiction du monarque ne les gêne guère, et ils attendent sans trop d'impatience l'occasion de faire inscrire dans la loi leurs dernières revendications.

Il convient de ne pas oublier de plus que les seigneurs sont souverains sur leurs domaines, que nul n'a le droit d'intervenir entre eux et leurs sujets *, que les ordonnances royales expirent sans force à la frontière de leurs biens. Or, comme vers le premier quart du xvi« siècle, c'est-àdire à une époque où la royauté est rentrée en possession d'une partie de ses propriétés, les domaines de la noblesse sont au moins dix fois plus étendus que ceux du prince, dans la plus grande partie du pays l'autorité monarchique est absolument nominale, puisqu'elle ne s'exerce que par l'intermédiaire des seigneurs. La législation, la justice, les

I. C'est la règle générale, et elle se précise de plus en plus; il y a cependant certaines exceptions, comme nous le verrons plus tard, et le serf n'est pas absolument abandonne à la discrétion de ses maîtres.

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