‹ Fin de l'ind�ependance boh�eme (volume 2)Chapitre 68 sur 157 · INSTABILITÉ DU NOUVEAU RÉGIMK · texte numérisé non relu

INSTABILITÉ DU NOUVEAU RÉGIMK

Ils eussent été obligés de plus de faire dans ces assemblées provinciales une part aux bourgeois, et leur égoïsme entendait se réserver la jouissance exclusive du pouvoir qu'ils avaient enlevé au souverain. Satisfaits d'une possession de fait, ils ne songeaient pas au peu de solidité d'une constitution qui, en proclamant l'anarchie, provoquait toutes les ambitions et sollicitait les coups d'état.

La perspective d'une* réaction monarchique n'était pas cependant imaginaire, d'autant plus que les nobles ménageaient à la royauté des occasions d'intervention et de redoutables moyens d'influence. Un pouvoir n'est définitivement vaincu que quand il est remplacé, et la domination de l'oligarchie n'eût été solidement fondée que si elle l'eût justifiée par ses services et son intelligence des besoins nouveaux du peuple.

L'idéal des nobles ne dépassait pas le moyen âge et ils se plaisaient aux institutions anciennes ; ils ne comprirent pas les exigences des sociétés modernes, et leur insouciance laissa à la monarchie le soin d'assurer au pays l'ordre et la prospérité qu'il désirait, cç qui entraîne toujours le droit de le dominer. — En quelques années, Ferdinand leur enlèvera presque tout le bénéfice des conquêtes qu'ils avaient faites sous Vladislas. Ils résisteront, mais par secousses et par insurrections plutôt que par un effort lent et continu; il se trouvera ainsi en dernière analyse, qu'ils n'ont pas fondé un régime de liberté, mais organisé le conflit, et, comme ils seront aussi incapables de modérer leurs prétentions que d'établir solidement leur pouvoir, de réactions en révolutions, ils conduiront la nation à la catastrophe de 1618 '.

i^La Moravie leur donnait cependant un exemple salutaire; Thistoire, pendant cette môme période, y est beaucoup moins troublée, parce que les nobles, moins nombreux, ont aussi une. intelligence politique supérieure: plus persévérants, ils réussissent à établir plus solidement leur pouvoir, et, lorsqu'ils succombent, c*est moins par leur propre faute que par celle des Bohèmes.

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