‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 100 sur 289 · L'EXCOMMUNICATION · texte numérisé non relu

L'EXCOMMUNICATION

2 août, après une instruction pour la forme, les cardinaux renouvelaient contre Georges de Podiébrad « qui se prétend roi de Bohême », la citation à comparaître déjà lancée par Pie II. On lui accordait un délai de 180 jours pour se justifier. Cette citation devait être affichée sur la porte des églises des diocèses de Salzbourg, Ratisbonne, Bamberg et Meissen. Quatre jours après, Paul IT donnait à son légat Rodolphe les pleins pouvoirs nécessaires pour frapper des peines les plus sévères les alliés de Podiébrad et abolir tous les traités conclus avec lui. Les violences de langage de ces bulles, dans lesquelles le roi était appelé fils de perdition, monstre odieux, brebis galeuse, en accentuaient encore la rigueur, en même temps qu'elles jetaient sur le caractère. du pontife un jour assez peu favorable. Le 8 décembre 1465, c'est-à-dire avant que le délai fixé par les cardinaux pour la comparution de Georges fût expiré, le pape déclarait ses sujets déliés de leur serment de fidélité. Le 6 février 1466, il repoussait sans discussion les propositions du duc de Bavière en faveur du monarque bohème. A la fin de la même année, au moment où le roi comptait sur l'intervention des princes allemands, le pape, pour couper court à toutes les tentatives de médiation, lançait solennellement l’excommunication majeure contre le chef des Hussites.

Le 29 décembre 1466, une foule de plusieurs milliers de personnes était rassemblée pour entendre la sentence pontificale. L'avocat général, de Barencellis, rappela les dangers que le Hussitisme faisait courir à la religion et flétrit le roi qui le protégeait. Le procureur de la foi, de Gubbio, prit ensuite la parole : L'Église, dit-il, depuis longtemps irritée, n'avait rien négligé pour améliorer un état de choses dont elle comprenait les inconvénients; depuis longtemps, le roi était cité devant son tribunal : la cause avait été étudiée avec soin, la commission à laquelle on avait remis la décision avait terminé ses travaux; il ne restait plus qu’à prononcer la sentence. — L'accusé n'avait pas comparu et personne n'avait présenté sa défense : on considéra que c'était la faute de Podiébrad et on passa outre. Un archevé-

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