‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 99 sur 289 · LA CURIE · texte numérisé non relu

LA CURIE

En somme, quand on tient compte de toutes les données du problème, tout en avouant que les lenteurs du roi profitèrent dans une certaine mesure à la Ligue, on se demande si toute autre conduite était possible ou n’eût pas été encore plus dangereuse et si le parti auquel le poussaient son âge et ses dipositions morales et physiques, n’était pas après

tout le meilleur : ajourner le plus longtemps possible les. hostilités, puis, une fois la guerre commencée, la pousser

avec vigueur. Il n’épargna pas sans doute ainsi à la Bohême les souffrances et les désastres dont il aurait voulu la préserver; mais 1] maintint du moins autour de lui la majorité de la nation, sauva le principe de l’unité nationale et de la réforme religieuse et laissa aux Tchèques, comme consolation de leurs pertes matérielles et gage d’avenir, une gloire impérissable. | :

Les événements se précipitaient et l’horizon devenait plus sombre. Le légat que Paul II avait envoyé à Breslau en 14064, était muni des instructions les moins pacifiques. Très irrité du peu d’effet de son intervention en faveur de Hyniek de Bitov, un rebelle tchèque qu'il avait pris sous sa protection et dont le château, Zornstein, fut rasé par le roi (1465), le pape avait dans un consistoire public renouvelé ses accusations contre Podiébrad et chargé trois cardinaux d’instruire son procès (28 juin 1465). Juges impartiaux ! Deux de ces cardinaux, Bessarion et Carvajal, étaient connus par leur hostilité contre les Hussites. Sans même attendre leur décision, le pape avait pris une série de mesures qui ne laissaient aucun doute sur ses intentions. Il avait déclaré sans valeur les serments prêtés à un hérétique, interdit d’obéir au roi et de lui fournir des secours, et promis son appui à tous ceux qui secoueraient son autorité. Le

satires, chansons contre les évêques ou le pape. Eschenloer raconte qu’on voyait à Prague une peinture qui représentait un arbre sur lequel müûrissaient et d’où se détachaient de belles femmes nues; sous l'arbre, le pape, les cardinaux, des évêques, des moines, des prêtres, étendaient leurs manteaux et recevaient les femmes. Malgré ces symptômes isolés, il ne semble pas que l’agitation ait été bien vive, et Georges s’appliqua plutôt à la modérer et à la contenir qu’à la développer.

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