L'EXCOMMUNICATION
que et trois évêques sortirent devant la porte de la salle et renouvelèrent la citation : personne ne répondit. Paul IT se leva alors, et, dans un long discours, fit l'apologie de la conduite du Saint-Siège, blâma vivement celle du souverain tchèque et ordonna delire le jugement. Georges de Kounstat-Podiébrad, qui se dit roi de Bohême, hérétique, relaps et fauteur d’hérésie, oppresseur et persécuteur des vrais chrétiens, parjure et spoliateur de l’Église, a mérité les chàtiments qui, à toutes les époques, ont été réservés à de pareils crimes. Il est dépouillé et déchu de ses dignités de roi, margrave, duc et de toutes celles qu’il possède, de quelque nature qu’elles soient, et déclaré indigne à toujours de ses fonctions, lui et ses successeurs. Tous les chrétiens, quel que soit le lien qui les rattache à lui, sont dégagés de leurs promesses ï. | L'effet de l’excommunication ne fut ni aussi prompt ni aussi universel que l’avait espéré Paul IT. En Allemagne, dans les universités de Leipzig et d'Erfurth, on contesta la validité de la sentence pontificale; en Bohême, un assez grand nombre de catholiques demeurèrent, après comme avant, fidèles à Georges : d’autres essayèrent du moins de conserver la neutralité. Mais cela devenait de plus en plus difficile : la guerre était ouverte et le temps des demi-mesures était passé. Déjà les, hostilités avaient commencé. Le 20 mars 1467, le pape avait confirmé Zdéniek de Sternberg dans ses fonctions de chef de la Ligue des seigneurs, et les rebelles de Bohême, de Moravie, de Silésie et de Lusace, abandonnant les points de vue particuliers auxquels ils s’étaient jusqu'alors tenus, confondaient leurs rancunes et ne formaient plus qu’une grande Union catholique (1467). Georges fit preuve alors d'autant de décision et d'énergie qu'il avait montré de mansuétude et de longanimité. Le 14 avril (1467), il réunit dans une assemblée solennelle les principaux membres des deux partis présents à Prague et
1. La sentence a été publiée pour la dernière fois dans les Scriptores rer. Siles.. IX, 211-214. Cp. pour le récit de ces événements Bachmann, I, p. 591,