‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 102 sur 289 · LA GUERRE CIVILE · texte numérisé non relu

LA GUERRE CIVILE

leur lut une déclaration qui était l’œuvre de Grégoire Heimbourg : il se plaignait des procédés illégaux et arbitraires du pape et protestait contre le jugement irrégulier qui l'avait frappé : il était pénétré de respect pour le Saint-Siège, mais suffit-1l d’être élu pape pour s'élever au dessus des erreurs et des faiblesses humaines ? L’exemple de Paul prouvait malheureusement le contraire, et ses rigueurs gratuites permettaient à Georges de dire qu'il ne pouvait s’en remettre à lui avec confiance du soin de décider de son sort. Il en appelait donc de Paul IT au Saint-Siège lui-même, si Dieu voulait que le pape revint à de meilleurs sentiments et procédât envers lui comme il convient de procéder envers un roi. Un évêque en effet ne peut être jugé que par ses pairs, et un roi quicommande dans son royaume aux évêques et aux archevêques, serait responsable devant le premier tribunal venu! Si le pontife persistait dans sa colère, il en appelait au premier des conciles généraux qui, suivant les règlements de l’assemblée de Constance, devaient se réunir tous les dix ans. — Le doyen Hilaire protesta en rappelant que Pie IT, au concile de Mantoue, avait interdit tout appel de ce genre. Le roi lui répliqua froidement qu'on ne lui avait pas laissé d’autre moyen de défendre son honneur et qu’il suivait l’avis d’amis fidèles et de juristes éprouvés. L'appel fut communiqué au pape et à la plupart des princes étrangers. |

La guerre avait éclaté presque en même temps dans les régions les plus diverses du royaume. Partout, en effet, les deux partis, royaux et ligueurs, étaient en présence. Pas de grands faits d'armes, de batailles retentissantes, mais un nombre infini d’escarmouches, de sièges et de surprises, et toutes les suites des discordes civiles et des haines religieuses, les massacres, le pillage, l'incendie, la férocité de la brute humaine lâchée, qui ne se contente pas de mettre l'adversaire hors de combat, mais se grise des larmes qu’elle fait couler et des supplices qu’elle invente, les instincts les plus sauvages et les passions les plus ignobles, aiguisés par les rancunes de voisinage, surexcités par la religion et jus-

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