LA GUERRE CIVILE
tifiés par elle. Quelques bandes de croisés, ravis de cette: agréable occasion de faire leur salut, plus heureux encore de piller un pays enrichi par une longue tranquillité, s’étaient armés à la voix du légat et avaient franchi la frontière : ils n’apportaient aux ligueurs aucun appui sérieux, mais imprimaient à la guerre un caractère plus atroce encore. Ils brûlaient les villages, massacraient les habitants, violaient les femmes. Ces excès provoquaient de cruelles représailles, d'autant plus coupables qu’ils n’avaient aucune importance pour l'issue de la guerre. |
La fortune avait semblé d’abord vouloir sourire aux insurgés. Malgré tout, leur situation était critique : les forces du roi étaient incontestablement supérieures; il répara très rapidement ses premiers échecs et reprit partout l'avantage. Les Catholiques tchèques avaient contre eux la grande majorité du peuple; leurs sujets surtout les inquiétaient : en grande partie calixtins, ils refusaient de soutenir leurs seigneurs et abandonnaient leurs domaines plutôt que de s'armer contre leur foi. Les ressources des rebelles s’épuisaient rapidement ; ils étaient perdus, s’il ne leur arrivait pas un secours du dehors.
Le pape, fort généreux en promesses, ne leur envoyait ni soldats ni argent; en revanche, il menait une campagne diplomatique fort active, mais dont les résultats paraissaient encore assez vagues, tant Georges mettait d’habileté à parer les coups. L'Empereur, dans un de ses brusques revirements dont il était coutumier, était pour le moment favorable à la cause pontificale, mais les années n'avaient pas augmenté son activité, 1l avait assez à faire dans ses propres États pour ne pas se risquer à une guerre redoutable, et on savait qu'il suffirait d’une pointe heureuse du roi de Bohême pour le ramener à l'alliance tchèque. Pour l'instant, il avait détaché de Georges son ancien allié, Louis de Bavière, mais l’opinion publique en Allemagne restait en généralbien disposée pour Podiébrad :les Hohenzollern surtout le soutenaient, et la diète de Nuremberg, en 1467, avait refusé d’appuyer les prétentions pontificales. De ce côté, en somme,