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luctable, mais par un libre exercice de sa volonté, de son plein gré, sans autre but que de rendre le triomphe plus aisé et moins sanglant. [l n'avait pas un besoin absolu de l'alliance polonaise; les faits le prouvèrent : jusqu’à sa mort, il ne reçut aucun secours de Casimir, et iln’en repoussa pas moins victorieusément toutes les attaques. Ému seulement des souffrances de la Bohême, il avait apercu dans l'élection de Vladislas un moyen de lui procurer quelque répit, etil l'avait acceptée sans hésitation, sans donner un regret à ses projets personnels. Mathias, inquiet de la tournure que prenaient les événements, essaya aussi de gagner le roi de Pologne, lui offrit à son tour la couronne tchèque. Vladislas, de son côté, n'avait pas accepté sur-le-champ l'élection des États, discutait certaines conditions. Malgré toutes les difficultés, tout le monde savait que l’union entre la Bohème et la Pologne était désormais assurée et que toutes les atta-
ques contre l'Utraquisme étaient condamnées à un échec inévitable.
Non pas cependant que la victoire des Hussites dût être considérée comme facile ou prochaine. Des années de combats auraient sans doute été nécessaires pour que le pape
consentit à confirmer les Compactats. Il ne faudrait pas
exagérer la valeur de quelques symptômes isolés : quelles étaient encore les dispositions intimes de la cour romaine, les cardinaux venaient de le montrer, en repoussant les propositions des princes saxons, ét ces demandes étaient cependant si modérées, si timides, qu’il est très probable que Georges n'aurait ni voulu ni pu les accepter (1471) *.
Les ligueurs bohêmes, malgré leurs échecs et leur abatte-
ment, n'étaient pas non plus encore sur le point de céder, et l'insurrection pouvait se traîner assez longtemps, avant d’être définitivement écrasée. Les Utraquistes devaient à leur exaltation religieuse et nationale plus encore qu’à leur
supériorité numérique un incontestable avantage sur une coalition chancelante et un peu honteuse de son rôle; mais