‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 116 sur 289 · DIFFICULTÉS ET DANGERS · texte numérisé non relu

DIFFICULTÉS ET DANGERS

tiques, et il ne rompit pas sur le champ avec les traditions de Pie et de Paul II : il excommunia Casimir, Vladislas et les évêques qui l'avaient sacré : mais ce n’était plus là que les derniers échos d’un orage qui s’éloignait; les affaires de l’Italie occupaient beaucoup plus Sixte que celles de la Chrétienté, il songeait moins à l'Église qu’à ses parents, et le Saint-Siège n’apporta désormais à la répression de l’hérésie qu’une colère épuisée et une attention intermittente.

Tout ainsi permettait d'espérer que l’abnégation patriotique de Podiébrad marquerait le début d’une nouvelle et glorieuse période de l’histoire slave. Les destinées du monde auraient été changées si l’alliance tchèque-polonaise avait été cimentée par la victoire. Malheureusement, dans cette crise décisive, les hommes firent défaut à la fortune, et leur impéritie perdit l’occasion unique d'assurer contre toute surprise l’indépendance des Slaves occidentaux. Georges n'eut pas de successeur, et avec la dynastie des Jagellons commence la décadence de la Bohême.

Il est juste de le dire, en dépit des chances favorables, la situation demeurait fort embarrassée ; les résultats de la victoire eussent été merveilleux, mais elle supposait chez le souverain, sinon un génie supérieur, du moins beaucoup d’activité, de dévouement et quelque talent. Les plus graves difhicultés venaient, non plus du dehors, mais du dedans. La guerre avait surpris la Bohême avant que ses réserves fussent complètement reconstituées et en plein travail de réorganisation; elle avait repoussé tous les assauts, mais au prix de cruelles blessures. Non seulement, la prospérité matérielle était ruinée, mais tous les ressorts de l’autorité étaient détendus ; les domaines de la couronne étaient presque complètement engagés, et le roi ne disposait plus guère que des revenus des mines de Koutna-Hora qui commençaient à baisser ; les ambitions personnelles étaient déchaînées et l’âpreté des convoitises étouffait le patriotisme. La décadence morale, provoquée par l’exaspération des intérêts, était d'autant plus dangereuse qu’elle n’était plus

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