RÔLE DE LA ROYAUTÉ
violentes et mesquines, l’affaiblissement du sentiment national sont la suite de la confusion des programmes et de l'obscurité des idées. De là la peine que l’on éprouve à tracer, pendant cette période, les grandes lignes de l’histoire, qui n'apparaît plus que comme une mêlée féroce des passions les plus méprisables. Naturellement les questions constitutionnelles intérieures passent au premier plan, parce qu’elles touchent plus directement les individus. Un des hommes qui ont étudié avec le plus de soin et le mieux compris le passé de la Bohême, a dit, non sans quelque exagération, qu'il n'y a plus au xvr siècle de lutte religieuse ou nationale: 1} s’agit seulement de savoir si la noblesse réussira à établir sa domination.— Les mots perdent leur sens; les principes, leur valeur ; les questions vitales sont rejetées en seconde ligne, ou même complètement oubliées; les déclamations retentissantes cachent les misérables calculs de vulgaires intrigants; au milieu de cette curée, le peuple, ruiné par l’anarchie, n’a plus pour ses chefs ni respect ni confiance, il ne se mêle aux affaires publiques que par quelques soulèvements où il apporte à la fois une fougue inexpérimentée et un découragement prêt à toutes les compromissions; le plus souvent,gagné par la contagion générale,il demande aux plaisirs matériels la consolation et l'oubli. | L'événement eût été probablement tout autre si les rois avaient compris les devoirs qui résultaient pour eux de leurs fonctions. Charles IV et plus récemment Podiébrad avaient montré quel était le pouvoir de la monarchie quand le prince s'élevait au-dessus des factions et unissait à quelqueintelligence et à quelque énergie un dévouement sincère à la chose publique. Les successeurs de Podiébrad ne manquërent pas tous d'énergie ou d'intelligence, et la bonne volonté même ne leur fit pastoujours défaut; mais ils necomprirent jamais leur rôle naturel de médiateurs etd’arbitres: aussine parvinrent-ils pas à constituer autour d’eux un grand partinational. Ils ne partageaient ni les instincts ni les besoins du peuple qui avait remis ses destinées. entre leurs mains. Le grand malheur fut qu’ils n’aimèrent pas la Bohême. Les faibles l’a-