‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 125 sur 289 · RÔLE DE LA ROYAUTÉ · texte numérisé non relu

RÔLE DE LA ROYAUTÉ

bandonnèrent à ses convulsions, les habiles et les forts se servirent contre elle des armes qu’elle leur avait confiées. — Les luttes confessionnelles furent, à ce point de vue, particulièrement fatales. Catholiques, les souverains ne cessèrent de poursuivre la soumission des hérétiques, et un abîme infranchissable se creusa entre la royauté et le peuple : également menacés par les usurpations des seigneurs, une alliance entre eux semblait devoir se conclure d’elle-même; l’into-

lérance des uns et la défiance de l’autre la rendit impossible

au grand détriment de tous et au grand profit de l'anarchie. En même temps, l'hostilité des rois contribua à entraver l’organisation de l’Église utraquiste, l'appui qu'ils prêtaient aux Catholiques entretint leurs haines en entretenant leurs espérances et empêcha l'établissement d’un régime définitif de tolérance; les luttes constitutionnelles devinrent plus àpres parce qu'elles se compliquèrent sans cesse de passions religieuses. À cetitre, une large part de responsabilité dans les souffrances de la Bohême revient à ses souverains.

La série commençait mal. Vladislas se montrait aussi incapable de gouverner le royaume qu'il l'avait été de le défendre. Il avait juré d'assurer « l'honneur du Dieu tout-puissant et les progrès de la foi chrétienne », mais la manière dont il interprêtait son serment allait le mettre presque immédiatement en conflit avec ceux à qui 1l l'avait prêté.

Catholique convaincu, Vladislas jugeait en même temps de bonne politique de désarmer par des concessions la rigueur du Saint-Siège; il cherchait à ramener Sixte IV en l’accablant des signes évidents de sa bonne volonté et à le décider ainsi à reconnaître son élection.

L'histoire du parti utraquiste n’est guère faite que d' une série de défaillances et de crises morales auxquelles le condamnaient son absence de logique et ses contradictions.

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