ASSEMBLÉE DE
rent que l’on renvoyât à une commission l'étude des résolutions à prendre. Mais, avant de se disperser, tous les assistants jurèrent de sacrifier leur vie et leurs biens pour la défense de la loi divine et ils se présentèrent devant le roi pour lui exposer leurs griefs. Vladislas eut là sans doute la vision de la véritable Bohême, hérétique et révolutionnaire, que lui cachaient ses courtisans, et il eut peutêtre le pressentiment des dangers de cette œuvre de restauration catholique qu’il avait entreprise avec tant de légèreté.
Avant de se séparer, l'assemblée utraquiste avait réor- : ganisé le Consistoire. Il gardait à sa tête Koranda et était composé de douze membres, élus par les États. Il avait pour mission de représenter la tradition, de combattre les sectes et de ramener à la pure doctrine hussite ceux qui s'en étaient écartés : sous son autorité supérieure, des doyens surveilleraient les simples prêtres et maintiendraient dans les rangs du clergé la discipline et l’union. A côté du Consistoire, un comité de six laïques, désignés aussi par les États utraquistes, assurerait le respect de ses décisions et veillerait à ce que les lois et les privilèges qui protégeaient les Calixtins fussent sincèrement observés.
Un grand pas venait d’être fait : désormais les Catholiques n’avaient plus devant eux des individus ou des paroisses dont l'isolement paralysait la force de résistance, mais un parti solidement constitué, dont la politique était conduite et les destinées protégées par des directeurs réguhèrement désignés. Cependant les effets du synode de 1478 ne furent pas immédiats, et, les années suivantes, les Catholiques et le roi continuèrent leur active propagande.
Les réclamations du Consistoire et les protestations des
directeurs n'auraient eu chance d’être écoutées que si elles s'étaient appuyées sur des forces matérielles redoutables : — où était l’armée dont disposaient les Calixtins? La disette de prêtres dont ils souffraient augmentait sans cesse : le pape avait renouvelé l'interdiction d’ordonner les prêtres utraquistes, les cures vacantes devenaient toujours plus