L'ÉVÈQUE DE SANTORIN
nombreuses, et, dans un temps assez court, il semblait inévitable qu’elles revinssent au parti hostile à la Réforme. Les éspérances des Catholiques furent détruites par un incident imprévu et presque romanesque.
Au mois d'août 1482, le bruit se répandit tout à coup qu'il était arrivé à Pisek un évêque, un véritable évêque, muni de tous les pouvoirs épiscopaux, et qui ordonnait sans difficulté les candidats utraquistes. Tabor, diverses autres villes l'avaient appelé, et il avait été reçu à Kralové-
Hradets (Kœniggræts) en grande solennité. — Quiconque
- connaît l’état du clergé italien à cette époque, apprendra sans la moindre surprise que divers évêques, besogneux et légers de scrupules, avaient accueilli, sans trop de difficultés, les jeunes gens tchèques qui leur demandaient l'institution canonique : tout au plus exigeaient-ils quelques concessions de pure forme pour se mettre à l'abri des poursuites de la justice pontificale. Cette complaisance s'explique tout naturellement par les bénéfices qu’elle rapportait, c'était une forme nouvelle de la Simonie alors générale ; il n’est pas impossible cependant que des mobiles plus nobles soient intervenus parfois : peut-être certains prélats, favorables à la réforme de l’Église, assez inexactement renseignés d’ailleurs, éprouvaient-ils quelque regret de l’inflexibilité de la Curie et quelque sympathie pour la malheureuse nation condamnée à la perdition éternelle. — Il vivait alors à Mirandole un évêque de Santorin, Augustin-Lucien ; à diverses reprises, des jeunes gens venus de Bohême lui avaient demandé la consécration : 1l ne les avait pas repoussés, et il avait persisté dans son indulgence même après que les interdictions plus rigoureuses des dernières années avaient détourné les autres prélats italiens de semblables pratiques; il s'était attiré par là d’abord de sévères remontrances, puis diverses peines disciplinaires. Il partit pour la Bohême :.
1. Avait-il été attiré par des promesses ? — Rien ne le prouve. Koranda déclare qu'il n’avait reçu de Bohème aucune invitation; Lucien lui-mème,
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