‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 160 sur 289 · LES DIÈTES · texte numérisé non relu

LES DIÈTES

sur les ruines de l’ancien système un ordre régulier qui méritât la confiance de la nation en respectant tous les droits, mais à exploiter à leur profit la faiblesse du prince, L’anarchie fut leur but suprême, et ils se complurent dans la confusion qui léur permettait de satisfaire leurs rancunes et leur avidité.

Ils perdirent leur temps à se disputer Les dépouilles et ne s’avisèrent pas qu'un retour offensif de l'ennemi était à craindre. Leur négligence fut telle que, satisfaits de la possession, ils ne songèrent pas à légitimer leur pouvoir : sur la plupart des points douteux, ils laissèrent la porte ouverte aux contéstations et leur incurie se plut à induire en tentation l'ambition des rois.

Les diètes, par lesquelles s’exerçait leur pouvoir, étaient favorables à toutes les surprises, parce que leur composition était variable et flottante. Tous les seigneurs et tous les chevaliers y avaient voix délibérative, mais la difficulté des voyages, la multiplicité des réunions, les dépenses d’un séjour prolongé à Prague expliquent que le nombre des votants ne dépassàt pas ordinairement deux ou trois cents et fût souvent beaucoup moins élevé : dans ces conditions, rien n'était plus facile au roi ou aux chefs de parti que de déplacer la majorité en appelant aux États une poignée de leurs affidés, sans compter que ces assemblées tumultueuses étaient accessibles à toutes les corruptions et promptes à tous les entrainements. Non seulement les diètes qui se succédaient étaient souvent animées de l'esprit le plus opposé, mais, dans la même session, le personnel était sans cesse en mouvement ; bien peu de membres assistaient aux débats depuis le commencement jusqu’à la fin, et, au milieu des départs et des arrivées continuelles, les résolutions et les tendances variaient de jour en jour. La volonté des États eût été irrésistible, mais ils ne savaient pas vouloir et persévérer. Ils ressemblaient bien plus aux assemblées polonaises qu'aux parlements modernes.

Les inconvénients d’un pareil système étaient évidents : ils auraient pu être corrigés en grande partie par le dévelop-

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