SON CARACTÈRE
à la lutte contre Albert d'Autriche : 11 marchait sur Tabor pour rallier Ptatchek, quand il tomba dans un parti de cavalerie autrichienne, accepta le combat malgré l’infériorité de ses forces et resta maître du champ de bataille ‘. Ses succès, sa fermeté, sa prudence précoce, le dévouement éprouvé de sa famille à la cause nationale avaient attiré l'attention sur lui, et, en 1441, le cercle de Boleslav le choisit pour capitaine. Dans ces fonctions, il apporta à Ptatchek un appui sûr et très précieux. Petit, trapu, 1l avait dans toute sa personne quelque chose de solide et de résistant, et, en même temps, de réfléchi et de calme. Les veux, étincelant au milieu de ce visage hâlé et pâle, trahissaient une intelligence vive et pénétrante. Formé aux affaires dès sa plus tendre jeunesse, comptant dans tous les partis des amis et des parents, il connaissait les hommes et savait les manier. L’'influence qu'il avait rapidement acquise, sa modération, son bonheur, son activité infatigable, le désignaient à tous les suffrages : tout le parti de Ptatchek accepta sans hésitation ce chef de vingt-quatre ans. Jamais choix ne fut plus heureux et peuple ne confia ses destinées à un gardien plus vigilant et plus sûr.
Quelques historiens ont essayé, de nos jours, de contester ses services. Après tout, ont-ils dit, quels triomphes at-il remportés ? À sa mort, l’'Utraquisme n'avait pas plus de sanction légale, officielle, qu’au début de son règne, la rupture avec l’Église était irréparable, les papes avaient armé contre la Bohême un roi puissant, et les victoires de Georges ne préservaient pas son pays d’horribles dévastations; Vladislas, son successeur, fut obligé d'acheter le pain par le désastreux traité d'Olomouts qui démembra le royaume; ce qui importe en histoire, ce sont les résultats, et ceux qu’a obtenus Podiébrad ne justifient guère une admiration sans mélange. — C’est oublier deux choses : Georges d’abord a reconstitué la Bohême, refait l’unité nationale. Il a triomphé de