‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 229 sur 289 · PROGRÈS DES FRÈRES BOHÈMES · texte numérisé non relu

PROGRÈS DES FRÈRES BOHÈMES

le temps ni la force, ni peut-être même le désir de veiller à exécution stricte des lois qui frappaient les Picards. Pendant un quart de siècle, ils continuèrent à peu près en toute liberté une active et heureuse propagande, favorisée par les incertitudes et la rapide décadence morale de l'Utraquisme !. Les femmes surtout venaient à eux, et ils trouvèrent jusqu'à la fin parmi elles des alliés dévoués et précieux. Les règles de l'Unité exigeaient que les nobles, pour être admis parmi les Frères, renonçassent à leurs seigneuries ; aussi n'y a-t-1l guère d'exemple à cette époque que des personnes d'un rang élevé soient entrées dans la communauté; elle comptait du moins déjà dans la haute société des amitiés fort actives. En Moravie, les grandes familles des Ziérotyn, des Pernstein, des Sternberk, des Boskovits leur étaient favorables; en Bohême, au premier rang de leurs protecteurs se plaçaient Kostka de Postoupits et le chancelier Tstibor de Tsimbourk qui, joignant aux plus hautes vertus et à un patriotisme éprouvé 2 les plus rares talents politiques, leur prêtait l’appui de sa haute influence. | Ainsi se préparait entre l'Unité et une partie des nobles cette alliance à, assez inattendue, qui explique le grand rôle qui lui revient dans tous les mouvements politiques du xvi° siècle. Tous ceux pour qui la religion est autre chose qu'un

1. Tout danger n'avait pas cependant disparu. À la diète de Bénéchov (1473), on s’occupa des Picards; nous ne connaissons pas le détail des résolutions qui furent prises, mais elles visaient probablement les directeurs de l'Unité qui devaient être arrêtés. La diète avait voté ces décrets sans grand enthousiasme, par déférence pour la reine Jeanne, et elle s’en tint à la LEE clamation du principe.

-2. V. la belle lettre qu’il écrit à l’évêque d'Olomouts, Tas de Boskovits (Archiv tchesky, IV, p. 141). N'y a-t-il pas là comme un écho de l’enseignement des Frères? — Est-ce là, dit-il à Tas, la conduite de prêtres chrétiens ? Ne conviendrait-elle pas mieux à des disciples de Mahomet, qui a ordonné de frapper ceux qui ne partagent pas sa foi? Christ n’a-t-il pas ordonné de tendre la joue gauche si on frappe sur la joue droite, et la plus terrible vengeance qu'il permette n’est- elle pas de secouer la Re. de ses souliers au seuil des maisons qui repoussent ses envoyés ?

3, « Il fut difficile d’ expulséer de Bohême ce genre d'hommes, et céia pour deux raisons : l'hypocrisie, c’est-à-dire une certaine douceur de langage et l’habileté, sous cette douceur, de répandre leur venin, et ensuite parce qu’ils avaient pour eux presque toute la noblesse de Bohème et en particulier les femmes nobles. » (Balbin, Miscellanea, livre VII, p. 229./CP::p;225};

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