L’UNIVERSITÉ DE PRAGUE
des détails secondaires, la force créatrice s’éparpillé dans des productions insignifiantes; on n’a que la monnaie de la philosophie. A l'Université de Prague, il n’y a plus même de cours régulier de théologie.
Qu a-t-elle conservé, cette célèbre institution, de sa gloire passée, et qu’est-il end du projet de Charles IV? Ilavait espéré fonder là un grand centre de lumière qui rayonnerait à la fois sur l’Allemagne et les pays slaves et servirait comme de point de rencontre aux civilisations orientale et occidentale : un moment ses espérances s'étaient réalisées ; des pays les plus éloïgnés accouraient des élèves, des milliers d'étudiants se pressaient sur les bancs de l’Université et elle rivalisait avec Oxford et Paris. Et maintenant? — Sa lamentable décadence est comme le résumé de la déchéance intellectuelle de la Bohême. La Faculté des arts seule vit encore, il serait plus juste de dire qu’elle seule n’a pas été: supprimée. L'espèce de renaissance qui s'était produite à l’époque de Georges de Podiébrad n’a pas duré; depuis la mort de Grégoire de Prague qui y avait introduit les études nouvelles, elle fermesoigneusement ses portesaux influences humanistes, met son honneur à perpétuer les anciennes méthodes. Quelques rares élèves endormis autour d'une dizaine de professeurs médiocres : maîtres et étudiants rivalisent de négligence; la plus grande partie de l’année, les exercices vaquent; la plupart des professeurs sont des vieillards qui ne font pas leurs cours; ils représentent dans ce qu’elle a de plus mesquin et de plus borné l’orthodoxie utraquiste, méticuleuse et têtue, incertaine et soupçonneuse. Ils sont fort pauvres, la plupart de leurs revenus ayant été confisqués, s’épuisent en récriminations, accablent de leurs lamentations les diètes qui répondent par des promesses, toujours oubliées; l'administration et la défense de leurs pauvres revenus absorbent tout leur zèle; les règlements surannés auxquels ils sont astreints et la jalousie de leurs collègues entravent les efforts de ceux qui se risquent à troubler ce lourd sommeil. Aussi les hommes de … talent qui s’égarent dans cette nécropole, Pachek de Vrat,