PERTE DE TOUTE INFLUENCE EXTÉRIEURE
cussions des diètes, l’assaut des honneurs et du pouvoir : à ce jeu, l'intelligence se rétrécit et l’âme s’abaisse. Déjà les scrupules s’émoussent; parmi tous ces nobles qui tressaillent aux mots de nation, slave, Bohême, combien hésitent à solliciter contre leurs rivaux l'intervention de l’étranger? Il faut que la diète de 1409 interdise aux Bohêmes de recevoir, sous quelque forme que ce soit, un traitement d’un prince voisin, mais la coutume est déjà trop entrée dans les mœurs; les lois ne prévalent pas contre elles. Tous les souverains qui cherchent à se créer un parti, trouvent les oreilles” ouvertes et les mains tendues. Les uns,les Rosenberg, les Hradets, les Pernstein, sont à la solde de l'Empereur ; d’autres, les Sternberg, les Riesenbourg, les Kolovrat, sont les pensionnaires du duc Albert IV de Bavière, envoient leurs enfants faire leur éducation à sa cour, épousent des Allemandes; les plus indépendants sont ceux qui reçoivent des deux mains et trahissent tout le monde. Toutes ces connivences, les seigneurs les excusent par des sophismes, des restrictions mentales; mais comment s'arrêter sur cette pente? A la mort de CNRS quelques voix proposent d’élire un candidat national.— Sera-t-il assez riche pour payer ses électeurs? Comment, d’ailleurs, accepter la domination d'un égal ? Ces deux considérations enlèvent toute chance à Lev de Rozmital. Le jeu est si animé, les marchandages si acharnés, les convoitises si allumées que l’on ne s’aperçoit pas même que les ambassadeurs étrangers parlent allemand dans la diète : c’est comme la première fanfare de l’inva- Sion !. À
Au milieu de ce va et vient des diètes, où trouver la tradition, la suite, le sang-froid, sans lesquels toute politique est impossible? Qui donc, parmi ces hobereaux faméliques, comprend l'importance relative des questions et pressent les résultats possibles d’un vote? La candidature de Charles d'Espagne au trône impérial met en feu les États : pourquoi ? Pensent-ils à revendiquer pour leur roi le trône des Luxem-
1. Rézek, Gesch. der Regierung Ferdinand’s I in Bühmen, Prague 1878.