‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 38 sur 289 · LES TCHÈQUES ET L'ÉGLISE GRECQUE · texte numérisé non relu

LES TCHÈQUES ET L'ÉGLISE GRECQUE

il déclara qu'il ne lui était pas permis de se rendre en Bohème à moins que les Tchèques ne promissent de se soumettre sans condition à l'Église, et son envoyé à Prague dénia toute valeur aux Compactats (1452). En présence de l’obstination de la papauté qui ne se départait pas de l’attitude

qu'elle avait adoptée depuis l'avènement de Nicolas V, les Utraquistes jugèrent inutile d’insister : les négociations fu-

rent interrompues pendant plusieurs années.

Les Tchèques avaient à plusieurs reprises menacé la Curie de résolutions graves ‘. Après avoir eu un moment l’idée de constituer une Église nationale indépendante, ils avaient noué des relations avec l’Église grecque, et, en 1451, était arrivé en Bohême un envoyé orthodoxe, Constantin l’Ange, qui venait s’enquérir de leur véritable credo. La lettre qu'écrivirent alors à l’empereur byzantin et au patriarche de Constantinople les administrateurs utraquistes (1452), est surtout curieuse parce qu’elle montre bien que le calice n'était point en réalité le seul point de discussion avec Rome : ils protestaient en effet contre l’autorité absolue que s’attribuait un homme, rappelaient les souffrances et les malheurs qu'ils avaient à subir. Quel était leur tort cependant? Ils avaient combattu la simonie et les péchés mortels ?. — Les Grecs malheureusement avaient de trop pressants soucis pour prêter une attention suivie aux affaires tchèques, et quelque temps après Constantinople tombait aux mains des Turcs. |

La chute de l'empire byzantin, inévitable et depuis longtemps prévue, eut malgré tout un très grand retentissement; elle inclina la politique pontificale dans une direction nouvelle, et modifia dans une certaine mesure ses intentions vis-à-vis de la Bohème. On a certainement beaucoup exagéré l’émotion produite en Europe par la victoire de Maho-

1. « Que pouvons-nous dire? L'Eglise de Rome elle-même nous repousse avec violence : que nous reste-t-il à faire? Nous. sommes bien forcés de songer aux moyens opportuns et de prendre des mesures énergiques (fota-

liter providere). Et, comme les adversaires, un défenseur ne nous fera pas”

défaut. » Capistranus triumplans, 382.

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