‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 67 sur 289 · L'AMBASSADE TCHÈQUE DE · texte numérisé non relu

L'AMBASSADE TCHÈQUE DE

plus sans doute rigoureusement ‘appliqués, furent remis en vigueur ‘, Toute équivoque était désormais impossible ?, Georges ne conservait aucune espérance d’entretenir les illusions qu'il avait ménagées, il n'avait plus qu'un parti à prendre : faire une suprême tentative pour convaincre le pape que la confirmation des Compactats était le seul moyen

d'éviter une guerre terrible. Il était en bonne situation pour

traiter : de récents succès militaires et diplomatiques avaient effacé le souvenir de ses échecs antérieurs. Une ambassade solennelle partit pour Rome, alla offrir à Pie II le serment d'obédience du roi et de la nation tchèques et lui demander de sanctionner les privilèges des Utraquistes.

Les délégués bohêmes arrivèrent à Rome au mois de mars 1402 ; les principaux membres de l'ambassade étaient le chancelier Procope de Rabstein, qui jadis avait été le collègue d’Æneas Sylvius dans le conseil de l’empereur et était resté son ami, catholique sincère et sujet fidèle, — Zdéniek Kostka de Postoupitse, âme noble,esprit généreux,un des confidents de Georges pour lequel son dévouement ne se démentit jamais *, —et Venceslas Koranda,un des jeunes maitres les plus ardents et les plus écoutés de l’université de Prague #;

1. On ne pouvait obtenir le droit de bourgeoisie, être reçu dans une corporation, acheter une maison ou une propriété que si l’on s’engageait par serment à communier sous les deux espèces. (Bachm., id., p. 05.)

2. Les radicaux supportèrent toujours avec peine la modération de Georges ; ils rongaient leur frein, se plaignaient qu’on fît trop de concessions à l'erreur, qu'on arrêtât leur propagande. «Après tant de victoires remportées sur cette courtisane, sous le régne de Georges, Georges notre roi, alors que nos magistrats, nos seigneurs, nos maîtres sont au pouvoir, quel est le prédicateur qui oserait nommer l'Eglise de Rome la synagogue du diable... l’antechrist ou la bête aux dix cornes ?.. Où est notre audace et la forme de notre âme? Nous sommes abattus, abandonnés par l'esprit de courage; nous les vainqueurs, il est évident que nous sommes vaincus par nos vaincus. » Lettre de Martin Loupatch; elle n’est pas datée, mais est probablement des premières années du règne. Manualnik Vaclava Korandy, p P+ 149.

3. « Cosca inter paucos regi acceptus erat ejus perfidiæ comes, » dit Pie II dans ses Commentaires, liv. VIT.

4. Vatslav Koranda de Pizen, 1424-1510, succéda à Rokytsana dans les fonctions d'administrateur du Consistoire calixtin. Il défendit avec beaucoup de zèle la doctrine utraquiste contre les catholiques et les dissidents. [1 a laissé de nombreux ouvrages de polémique et un récit de l'ambassade de 1462 qui a été publié dans le Vy-bor lit. tcheské, II, 663-714. Cp. Jiretchek, Manuel de littérature bohème. M. Truhlar a publié en 1888, au nom de

Page 1