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SUPPRÉSSION DÉS COMPACTATS 10)
comme nécessaires pour préparer la réconciliation de la Bohême et de l’Église.
A la nouvelle de la déclaration du 31 mars, l’émoi des Utraquistes fut grand. Jusqu'alors, en effet, si la cour romaine n'avait jamais reconnu officiellement la valeur des Compactats, elle ne les avait non plus jamais publiquement condamnés, ce qui permettait aux Tchèques de prétendre, de bonne foi et sans trop d’invraisemblance, qu’ils ne se séparaient pas de l’Église, en se réglant sur eux. Désormais il fallaït choisir entre une abdication complète et la révolte. La joie fut vive dans le camp des fanatiques et des adversaises irréconciliables de Georges, mais un grand nombre de catholiques apprirent avec inquiétude et épouvante la résolution de Pie IT : la guerre était au bout, et non, comme on s’en flattait encore à Rome, la soumission du roi. En admettant
même que Georges ait été tourmenté à certains moments dans
sa conscience intime par quelques doutes, la sommation du pape le rejetait en effet dans la résistance. Loin de songer à céder, il s’efforça, en face des provocations pontificales, de créer un courant d'enthousiasme assez général pour que la cour romaine comprit son imprudence et revint à des intentions plus pacifiques.
La diète tchèque se réunit à Prague, très nombreuse, au mois d'août 1462. Après que les délégués eurent rendu compte de leur ambassade à Rome, le roi prit la parole. Toute sa conduite, dit-il, avait été inspirée par le désir de maintenir la paix; il ne pouvait pas aller cependant jusqu’à l’abandon des Compactats : il n’y consentirait jamais et comptait sur l'appui des États pour les défendre contre toute attaque. II lut ensuite la formule du serment qu'il avait prêté entre les mains des évêques hongrois. [Il ne niait pas ses engagements et était prêt à les exécuter, mais à condition qu'on ne leur prêtât pas un sens qu’ils ne pouvaient avoir. « Sachez, dit-il en terminant, que c’est dans la doctrine de la communion utraquiste que nous sommes né et que nous sommes arrivé au trône. Nous promettons de la conserver, de la soutenir, de vivre et de mourir dans cette foi. Nous croyons qu'il n'y a pas d'autre espérance de salut que de rester fidèle