GEORGES TIENT LE PAPE EN ÉCHEC
gne : la femme du roi Casimir, Élisabeth, sœur de Ladislas le Posthume, haïssait Georges dans lequel elle voyait un usurpateur et peut-être le meurtrier de son frère. Mais ce n'était pas une entreprise sans danger qu’une guerre avec la Bohême, et Casimir, absorbé par les affaires de l'Ordre Teutonique, déclina le dangereux et difficile honneur qu’on lui proposait !. — On tâte l'électeur de Brandebourg pour savoir s’il accepterait la succession de Podiébrad ; il avertit secrètement le roi des projets qui se trament contre lui. On pense à reprendre un plan qui avait été discuté sous Martin V, diviser la Bohême en plusieurs principautés indépendantes ?; les prétendants n'auraient pas manqué pour se partager les dépouilles, mais 1l fallait commencer par les conquérir, et personne ne se mettait sur les rangs. La cour pontificale, avec cette indomptable ténacité qui est un des traits admirables de sa politique, ne se décourageait pas, promettait aux bourgeois de Breslau de leur fournir bientôt un roi selon leur cœur *, affectait une extrême confiance : Georges serait écrasé et, avec lui, tous ses alliés; si l'Empereur s'unissait au roi, on nommerait un autre Empereur, tout comme un autre roi + Tout cela dissimulait mal l'anxiété et l'isolement du pape. Quand on le pressait de passer de la menace aux actes, il était bien forcé d’avouer que le moment n’était pas venu. A quoi bon mettre la charrue puisqu'on ne pourrait pas labourer *?... Citez-moi un seul prince qui veuille bien se charger de la chose, répondait un cardinal aux délégués de Breslau qui
1. L'alhance tchéco-polonaise était une des bases de la politique bohënie et les doctrines de solidarité slave, fort répandues. Georges attache toujours la plus grande importance à maintenir de bons rapports avec la Pologne, ct il y parvient malgré les sérieuses difficultés de la situation. C’est une des principales causes de sa force.