‹ Fin de l'indépendance Bohême (volume 3)Chapitre 75 sur 289 · Lettre de Fantin, 13 mars · texte numérisé non relu

Lettre de Fantin, 13 mars

4. Le procureur de Breslau écrit, 15 mars ; « Le cardinal (Nicolas de Cues) n'a dit que si l'Empereur faisait cela (c'est-à-dire intervenait encore en faveur de Georges), cela n'aurait d’autre effet que d'amener dans un court espace de temps la nomination d'un nouvel empereur comme d'un nouveau rOI. » |

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ANTOINE MARINI bLS

demandaient que l'on déposât Georges, et demain elle sera ot RADARS

C'était incontestablement une victoire pour le roi de Bohême que de tenir ainsi en échec son adversaire. Malheureusement, ces succès diplomatiques ne décidaient rien; ils sauvatent le présent, mais sans assurer l'avenir. Tant que le pape n'avait pas désarmé, Georges était à la merci d'un incident : quelques seigneurs ambitieux ou achetés qui se révoltaient, un prince voisin que tentait sa couronne, l'ingratitude d’un allié. Et comment cependant prendre l’offensive et porter la guerre sur le terrain de l'ennemi, pour le forcer à capituler? C’est une terrible force que de n’offrir aucune prise, et quelle prise avait-on sur Pie IT?

Le roi eut l’idée, d’abord, d'assurer la paix à l'Allemagne en reprenant ces projets de réforme de l'Empire qu’il avait un moment abandonnés, puis d’intéresser à sa cause les autres souverains de l'Europe, en leur prouvant que ses intérêts étaient les leurs et qu’en résistant à la théocratie il défendait le droit de tous les princes. Un de ces aventuriers politiques, grands faiseurs de combinaisons, qui couraient alors le monde et mettaient leur imagination au service de ceux qui consentaient à les écouter, un Français,

Antoine Marini, né à Grenoble, lui avait proposé un vaste

dessein de confédération européenne ?. À un moment où l’ancienne constitution européenne, fondée sur la domination du pape et de l’empereur, avait disparu, et où le système d'équilibre qui sortit des guerres du xvr° siècle n’était pas encore né, un esprit généralisateur et audacieux devait être frappé de la nécessité de remédier à l'incertitude et au désarroi universels. Il s'agissait de substituer à la Papauté et à l’Empire, dont l'autorité, toujours plus nominale que réelle, était aujourd’hui complètement discréditée, un pou-

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2. Palatsky attribue au roi lui-même l’idée première; il me semble d’ailleurs qu’il attache à cet épisode une importance un peu excessive et surtout une valeur morale trop élevée. Cp. sur cette question Markgraf, Ueber Georg's von Podiebrad Plan eines christlichen Fürstenbundes, dans l’Hist, Zeitschrift de Sybel, XXI,

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