L'ESPRIT. D'EXAMEN
lutions diverses que l’on peut adopter dans ces redoutables et graves questions des rapports de l Église etdel État, de la libre recherche, des droits de la conscience.
Et, ce qui fait l'extrême intérêt de cette période, c’est que les débats ne sont pas circonscrits entre quelques savants. Le premier résultat de la réforme religieuse a été dé faire descendre la philosophie de la chaire : il a fallu s’adresser à la discussion publique, à la conviction individuelle. Certes, ces polémiques théologiques nous paraissent bien creuses aujourd’hui et fastidieuses. Mais n'oublions pas que c’est le premier éveil public de l'esprit d'examen, le premier exemple d’une nation qui cherche et qui pense! Jusqu’alors on avait cru et obéi; maintenant on réfléchit et on choisit. C'était un des griefs principaux des Catholiques que cet appel au peuple en matière de foi, et l’évêque Jost de Rosenberg condamnait vertement ces hommes « qui veulent transformer tous les fidèles en docteurs, au lieu de suivre l'exemple de l'Église : elle leur apprend seulement les choses qui leur sont nécessaires », et ils ne s’aperçoivent pas « que ceux qui sont trop instruits deviennent des incrédules !. » Vaines protestations et regrets superflus ! Certains principes, une fois proclamés, sont invincibles, et leurs conséquences se développent avec l’irrésistible puissance d’une force naturelle. Une des séductions les plus redoutables de la liberté, c’est que ceux qui la combattent sont obligés de se servir d’elle. Les Catholiques, pour conserver leurs partisans, invoquaient à leur tour leur jugement, suivaient leurs adversaires sur leur terrain de polémique, et devenaient ainsi malgré eux les agents de l'affranchissement général.
De là le très rapide développement de tn en Bohème, si rapide que quelques patriotes tchèques ont revendiqué pour leur pays l'honneur de l’avoir inventée, et vu dans Gutenberg, Jean de Kuttenberg. Dès 1468, on imprimait à Plzen une Chronique de Troie, et avec une telle