Vybor, Il, p
2. Ilyavait eu, à Breslau, entrele légat,— archevêque de Crète--, et Jostune scène des plus violentes. Les princes de Silésie se jetèrent entre eux pour éviter une rixe, tandis que les conseillers se hâtaient de fermer les portes, pour que le bruit de la querelle ne transpirât pas au dehors, car « dans Îles dispositions du peuple, tout était à craindre pour l'évêque » (1463). Même après l'ouverture des hostilités, l'évêque resta suspect à ses fidèles, et sa mort (13 décembre 1467) fut accueillie par eux avec satisfaction.
3. Le traité de Jean de Rabenstein, prieur de Vychehrad, est une des pre ves les plus remarquables de l apaisement des passions religieuses. Il proteste avec une douleur attendrie contre la rigueur hâtive des papes et déplore les malheurs que la guerre a déchaînés. Son patriotisme lui inspire des accents d’une éloquence pénétrante ; c’est un des documents les plus précieux pour
l'état des esprits à cette époque et les plus honorables pour Georges. Il a été
publié par Bachmann, Dialogus Johannis Rabensteinensis, dans les Archiv
für œsterr. Gesch. t. LIV, p. 353, Vienne 1876. 4. V. sa lettre à Zdéniek de Sternberg, Archiv tchesky, IV, 121.:.
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mis au roi aussi longtemps qu'il le put sans se mettre ouvertement en lutte avec le pape, et il assista d’un cœur désolé aux atrocités de la guerre *.
L'histoire, sévère pour les intrigues de Zdéniek, éprouve une sympathie et une pitié profondes pour ces hommes qui connurent les angoisses d’une redoutable crise morale et ne se séparèrent du roi que parce qu’ils étaient convaincus que le devoir l’exigeait. Mais quelle action Podiébrad avait-il sur eux? Leurs scrupules opposaient à toutes ses tentatives de conciliation une barrière aussi invincible que l’ambition des autres. Plus leur âme était noble, plus leur orthodoxie était inflexible ?. — Quels que fussent ainsi les mobiles des ligueurs, toute entente était impossible. Certaines situations sont inextricables, il était nécessaire que l’Union de Zéléna- Hora aboutit à une insurrection armée.
Dans ces conditions, Georges ne fut-il pas imprudent de
, prolongerles négociations? — Ensommelesligueurs avaient tout avantage à gagner du temps. En 1465, ils n'étaient qu’une poignée; plus que les prédications et les anathèmes du prélat ou les vantardises de Breslau, les tergiversations du roi leur servent : ils recrutent peu à peu de nouveaux adhérents,occupent d'importantes positions. Plzen,qui avait toujours été la capitale des Catholiques tchèques, se prononce contre Podiébrad * (1466); l'administrateur et le cha-
1. V. sa lettre à Tsibor de Tsimbourg, tbid., p. 142. L’abandon de Protas causa à Georges et à ses partisans une vive irritation, précisément parce qu'ils avaient cru pouvoir compter sur lui sans réserve.
2. Il y avait aussi un parti ultramontain, peu nombreux, mais très ardent; il avait pour principaux représentants Paul Zidek, et surtout l’administrateur catholique, Hilaire de Litomierjitse, cet idiot d'Hilaire, comme l'appelle Jean UV de Rabenstein.L’hérétique, dit Hilaire, dans la société chrétienne, ne possède È et ne peut avoir aucun droit, et le pape, en sa qualité de juge supérieur, ale è devoir et le droit de le priver de toute puissance et de toute dignité. L’auto-
rité suprême appartient au pouvoir spirituel, dont le pouvoir temporel doit D exécuter les ordres. Si le roi s’y refuse, c’est aux seigneurs à l'y forcer même FE par la révolte, car « il y a aujourd’hui un roi et demain un autre, mais les familles demeurent éternellement. » Les seigneurs élisent le roi de Bohème,
4 mais l’archevèque le couronne et le confirme : aussi Georges eût-il été élu l° cent fois, si le Saint-Père ou à sa place l’archevêque refuse de le reconnaître pour de sages et légitimes raisons, il n’a aucun droit sur le pays de ÿ Bohême:
| 3. La plupart des villes, au contraire, demandaient au pape la permission
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pitre catholiques s’y réfugient, et il se forme ainsi en pleine Bohême un centre de résistance, qu'il ne serait pas aisé de détruire. Les diverses oppositions, d’abord distinctes, politique et religieuse, bohème et silésienne, se rapprochent, et leur union les rend plus fortes et plus exigeantes. Lorsque Georges dénonce enfin les hostilités (1467), la révolte dispose de forces considérables et elle peut soutenir la lutte sans trop de désavantage. Par une erreur qui n’est pas sans analogie avec celle qu’il avait commise dans ses négociations avec la Curie, le roi a fait preuve de trop de bonne volonté et de longanimité; il s’est laissé entraîner trop loin par son humeur pacifique et sa préférence pour les moyens diplomatiques. Dlugos, peu favorable à Georges, le loue .«de ne s'être jamais montré rapide à verser le sang. » C’est là, en effet, un des traits essentiels de son caractère. La patience n’a-t-elle pas ici dégénéré en faiblesse? Le meilleur moyen, sinon d'empêcher, du moins de limiter la guerre, n’eût-1l pas été d’agir avec plus de résolution? Dans certains cas, la seule chance de conjurer le péril est de lui courir sus.
Mais que de circonstances atténuantes pouvait invoquer Podiébrad, et comme il est naturel qu’il ait essayé de tous les moyens pour éviter ou retarder la guerre inexpiable qu’il redoutait! Ses ressources étaient grandes, non telles que l’on dût prévoir un succès rapide. Il n'avait presque pas d'armée régulière : pour troupes, des milices féodales ou municipales, et c'était avec ces troupes mal organisées, qui se rassemblaient difficilement et se dispersaient vite, qu'il allait falloir assiéger de nombreux châteaux et des villes populeuses et bien fortifiées. Toute la puissance des Hussites s'était jadis brisée devant Plzen. Même si la fortune le protégeait, il s'agissait d’une lutte de plusieurs années, non pas d’une grande guerre rapide et glorieuse, mais d’une série indéfinie d’escarmouches, de razzias, de combats de villages à villages, de domaines à domaines, dont
de ne pas prendre parti contre Georges, ainsi Boudiejovitse, Most, Cheb (Eger). : Re À