‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 10 sur 239 · FERDINAND 1. — SON CARACTERE · texte numérisé non relu

FERDINAND 1. — SON CARACTERE

les candidatures retenues par la diète, celles des princes bavarois et de Ferdinand. Le 24 octobre i526, à la surprise générale, Ferdinand fut proclamé à Tunanimité roi élu de Bohême.

II avait alors 23 ans. Sa jeunesse s'était passée en Espagne, sous la direction de gouverneurs ecclésiastiques qui avaient développé en lui des sentiments de vive et sérieuse piété. Ses qualités avaient séduit Ferdinand d'Aragon, et il avait profité des leçons des maîtres excellents qu'il avait eus; on le vantait alors aux dépens de son frère dont l'esprit était moins prompt et le développement plus tardif, et Charles-Quint eut quelque peine à ne pas lui en garder rancune, conserva assez longtemps une sourde défiance contre les ambitions qu'on lui avait prêtées. D'ailleurs peu séduisant : plutôt petit, très maigre, pâle, avec un long cou un peu ployé en avant, le nez gros et arqué, la lèvre inférieure proéminente, la lèvre des Habsbourgs; seuls, ses yeux vifs et brillants illuminaient son visage, pétillaient de vivacité et d'intelligence; il apprenait tout ce qu'il voulait, parlait le français, l'anglais, l'espagnol, l'italien, le latin, le haut et bas-allemand. Jamais las, levé avec le jour, d'une activité qui allait quelquefois jusqu'à l'agitation, bon cavalier, grand chasseur, il menait du même train les plaisirs et les affaires. II apporta d'abord dans la politique plus d'impétuosité que de persévérance et plus de fantaisie que de réflexion ; la fortune, en le mêlant étroitement aux projets de son frère, l'invitait aux combinaisons gigantesques, et il se complaisait aux vastes imaginations; on le jugeait « fort ambitieux, avide de gloire », ivre d'héroïsme et de bruit. Plus tard l'expérience l'assagit; on s'aperçut bientôt que sa furie n'était pas incapable de réserve et de méthode; sa turbulence savait poursuivre de longues années les mêmes desseins. Quelques historiens l'ont accusé de faiblesse et de versatilité, et il est vrai qu'il se confiait volontiers à ses ministres et ne savait pas toujours leur imposer sa volonté; il lui arrivait de prendre des résolutions qu'il jugeait funestes : quand l'événement lui donnait raison, il se contentait

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