PROGRÈS DES JÉSUITES
raro en 1674, que la Chrétienté a de grandes obligations envers les bons pères ; ce que j'avais observé à diverses reprises en France, se vérifie aussi en Allemagne : « Notre religion catholique ne reçoit de personne à notre époque une plus grande chaleur que par leur science, leur bonté et leur extrême activité ; sans eux, elle serait en plus d'un endroit sinon complètement éteinte, au moins toute souillée, mais leurs travaux et leurs peines, leurs excellents exemples produisent sans cesse de si admirables fruits que non seulement les fidèles sont consolés et les incertains raffermis, mais aussi que beaucoup d'hérétiques sont ramenés à la vraie foi ' ».
En Bohême, les résultats de leur labeur sont encore obscurs, non pas indifférents cependant. Ils continuaient leurs missions, d'abord dans les environs de Prague, puis dans le reste du pays, s'asseyaient dans les cabarets, essayaient de causer avec les paysans. Le devoir dictait, ils obéissaient, mais sans illusion; les conversions qu'ils obtenaient ainsi, clair-semées, n'avaient aucune portée ; les paysans ne les comprenaient pas, se défiaient, quelquefois les recevaient à coups de pierres. D'autres procédés étaient plus féconds ; les adultes leur échappaient, mais ils commençaient à mettre la main sur une partie de la jeunesse, le nombre de leurs élèves augmentait progressivement. Les seigneurs catholiques s'habituaient à suivre leur direction : les Rosenberg, les Hradets, les Pernstein songeaient à fonder des collèges de Jésuites dans leurs villes, d'autres leur confiaient leurs enfants, appelaient leurs prédicateurs. Ils avaient pénétré en Moravie où ils avaient établi un collège à Olomouts (i566), un autre à Brno (1572). Les étrangers, les Italiens surtout, assez nombreux à Prague, se groupaient autour d'eux; ils avaient créé pour eux la congrégation de l'Assomption, à laquelle s'affiliaient déjà quelques bourgeois tchèques. Les élèves envoyés par Ferdinand à Rome revenaient tout brûlants d'un saint enthousiasme. Depuis si long-