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I. Fiedier, p

PROGRis DES JÉSUITES 24 1

temps le Catholicisme s'effaçait, laissant le champ libre à ses adversaires; maintenant, ils provoquaient des discussions, réfutaient les livres des hérétiques, tâchaient de mettre de leur côté l'éloquence et l'érudition, en attendant d'y mettre la force. Comme la plupart d'entre eux venaient de l'étranger et ne faisaient dans le royaume qu'un assez coun séjour, ils ne partageaient aucun des scrupules nationaux ; les prêtres indigènes les accusaient volontiers de faire fi des anciens usages, « de vouloir suivre en tout la règle de l'Église romaine ». Les chefs du Catholicisme n'auraient pu souhaiter des auxiliaires plus souples: l'exemple de leur obéissance passive touchait les autres prêtres ; ils enseignaient la soumission par leur conduite mieux que par leurs discours. Ils étaient en relations suivies avec les pays les plus divers ; aussi recevaient-ils l'impression du grand changement de l'opinion publique européenne, devenaient les agents d'une sone de conspiration internationale. En iSyy, un de leurs partisans déclara en chaire que le seul moyen de ramener au bien les Hussites était de les soumettre par les armes : le tumulte fut grand à Prague. On racontait que les Jésuites cachaient des armes dans leur cave, que des soldats y étaient rassemblés ; la foule s'ameuta, déjà on parlait de saccager leur maison, les conseillers durent envoyer à la hâte des gardes pour disperser la populace. Ces paniques, ridicules sous cette forme naïve, n'avaient-elles aucun fondement? Ils désespéraient de convertir le pays, ils ne renonçaient pas à le conquérir. Us voulaient compenser le nombre de leurs fidèles par la qualité, exerçaient leurs bataillons, les armaient pour la bataille prochaine; une minorité, même faible, mais prête à tout, suffit à balancer la victoire; il fallait seulement qu'elle fût bien en mains, assez fanatique pour sacrifier au triomphe de la vérité toutes les considérations de patriotisme ; ils choisissaient leurs auxiliaires un à un, attendant avec patience qu'une faute de leurs adversaires ou les conjonctures générales de la politique leur offrissent l'occasion qu'ils guettaient.

Le moment n'était pas encore venu cependant d'ouvrir les

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