‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 109 sur 239 · LES PRÉLUDES DE LA CRISE 26 I · texte numérisé non relu

LES PRÉLUDES DE LA CRISE 26 I

çaient certainement la royauté dans une situation très difficile. Maximilien, nonchalant, eût tout promis, mais il voulait plus d'argent et un délai moins rapproché. Les États s'entêtaient, reprenaient leurs litanies de misère. A mesure que les négociations se prolongeaient, leur mauvaise humeur s'échauffait. Ils étaient fort mécontents du gouverneur, Ernest. Très jeune, fon inexpérimenté, tout frais émoulu d'Espagne, ses allures de jeune coq agaçaient les seigneurs et son fanatisme flambant neuf déplaisait aux Luthériens. De la Bohême, il ne savait rien, ni sa langue ni ses traditions, ni ses privilèges. Ses pouvoirs étaient fort limités ; sans cesse il fallait écrire à Vienne, les réponses traînaient : « Cela ne s'était jamais fait », disaient les nobles impatientés. Voilà cependant où aboutissait cette désastreuse indifférence qui avait livré la patrie à une famille étrangère! La lumière aveuglait les moins clairvoyants, l'irritation gagnait les plus pacifiques. A mesure qu'on échangeait des messages, les rangs des États s'éclaircissaicnt ; les désertions se multiplièrent à tel point que les quelques membres encore présents ne se crurent pas l'autorité nécessaire pour prendre une résolution, et la diète se dispersa sans avoir voté l'impôt '.

Les incidents et l'issue de la diète de Janvier eurent quelque retentissement. Pour la première fois depuis 1 547, l'opposition avait remporté une victoire qui, bien que négative, n'en était pas moins grave. Une nouvelle diète, réunie au mois de juin de la même année, fut cependant plus traitable. Maximilien s'était fait représenter cette fois, en même temps que par Ernest, par Rodolphe, son fils aîné et le futur roi de Bohême. Il se mit en frais d'éloquence : s'il exigeait de l'argent, c'était dans l'intérêt du pays : le royaume était ouvert, sans places fortes ; mieux valait porter la guerre chez l'ennemi que d'attendre l'invasion. Il promettait d'ailleurs de venir bientôt en personne et de séjourner à Prague jusqu'à ce que toutes les qucs-

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