‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 138 sur 239 · AUTRICHE OU BOHÊME? 35 I · texte numérisé non relu

AUTRICHE OU BOHÊME? 35 I

près de TEmpereur, chef de la maison des Habsbourgs d'Autriche.

Cette sorte de diminutio capitis aurait dû, pour être acceptée, être ménagée avec beaucoup d'habileté. Les procédés employés par les Habsbourgs, sans franchise et sans probité, où se révélait, avec beaucoup de faiblesse et d'incurie, un mépris absolu des privilèges nationaux, aggravaient encore les tristesses qu'elle comportait : on subissait l'union, on ne l'acceptait pas. Sur ce point, les désirs des nobles et ceux du peuple se rencontraient. La masse de la nation supportait avec colère des impôts très lourds et qui étaient presque exclusivement employés à couvrir les frais de la guerre contre les Turcs, d'autant plus que l'invasion musulmane était dès lors assez ralentie pour que la nécessité d'une action commune fût moins évidente. Les seigneurs avaient fini par comprendre que la principale cause de leurs échecs était dans la réunion de plusieurs couronnes sur la tête de leur roi, en même temps que leur fierté nationale très vive s'indignait de l'existence anonyme à laquelle était condamné le pays.

Il n'est guère douteux par conséquent que la victoire des Protestants tchèques ne dût entraîner, outre l'établissement d'un gouvernement oligarchique, le renversement de la dynastie des Habsbourgs et la ruine de l'agglomération politique constituée par Ferdinand. De là, l'importance européenne des incidents de Bohême. Les adversaires des Habsbourgs, et en particulier les rois de P>ance et les princes protestants d'Allemagne, — les Électeurs palatins surtout,— appuyaient les Réformés de la monarchie, parce que c'était un des moyens les plus sûrs de paralyser d'abord et plus tard de ruiner la maison d'Autriche. L'Espagne au contraire cherchait à écraser à jamais ces insurrections, convaincue que, dès que les Habsbourgs seraient maîtres chez eux, aucune puissance extérieure ne leur serait plus redoutable. C'est aujourd'hui un lieu commun historique que, dans la guerre de Trente-Ans, il ne s'agissait pas seulement de savoir si le Protestantisme subsisterait à côté du Catho-

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