Brzézan, Vie de Pierre de Rosenberg, p. 400, p
page dans le royaume : malgré les exhortations et les menaces, quelques laboureurs de Vouk ^sont en relations avec les rebelles : deux des chefs des mécontents sont roués, d'autres arrêtés; et Ton n'aurait pas évité une révolte sans la défaite des paysans autrichiens. Toutes les agitations extérieures ont aussitôt leur contre-coup dans le royaume: il suffit qu'une armée ennemie se réunisse près de la frontière pour qu'un vent de révolution coure à travers les campagnes et que les nobles soient pris d'épouvante '.
Comment s'étonner dès lors que l'appel des États à l'insurrection n'ait eu qu'un très faible écho parmi le peuple? Avec un instinct très sûr, il aperçut aussitôt le véritable but des révoltés. Est-ce qu'ils songeaient à étendre les libertés politiques ou religieuses de la nation? — Nullement, mais leurs propres privilèges. La religion n'était pour la plupart d'entre eux qu'un prétexte, derrière lequel ils dérobaient mal des ambitions très matérielles. C'était vraiment pousser trop loin l'optimisme que de supposer que ces paysans méprisés, appauvris, irrités, se lèveraient pour défendre le régime qui pesait si lourdement sur eux. Loin de là, ils devinaient que la victoire des États rendrait leur propre situation plus intolérable encore et c'était vers la royauté qu'ils tendaient leurs mains suppliantes. Lorsque la guerre éclata et qu'aux tristesses ordinaires s'ajoutèrent les horribles dévastations des armées, la colère des serfs se tourna contre les nobles qui les avaient précipités dans cet abîme de maux. Ceux même qui étaient le plus sincèrement attachés au culte protestant et qui, plus tard, résistèrent le plus héroïquement à la réaction catholique, n'avaient plus assez d'espérance ni assez d'énergie pour se soulever contre l'étranger. Les seigneurs allaient donc se trouver isolés, réduits à leurs propres forces, sans appui, dans le pays.
Jamais cependant l'union de tous les fils de la nation, n'eût été plus nécessaire. A aucune époque, en effet, la lutte n'avait été plus inégale et l'adversaire plus redoutable ; à