CALVINISTES ET LUTHÉRIENS 43 I
avec la confiance. Les princes italiens et allemands se groupèrent autour de lui, et, pour la première fois depuis plus d'un quart de siècle, les Catholiques se sentirent en présence d'une résolution énergique et claire. Henri IV était trop perspicace pour que Timponance européenne du conflit ouvert dans les possessions immédiates des Habsbourgs entre le souverain et les États lui échappât, il était très bien renseigné sur ce qui s'y passait et suivait les épisodes de l'histoire tchèque avec beaucoup d'attention. En dehors même de toute intervention personnelle et directe, ses projets supposés, ses alliances, son attitude ramenaient les indécis et les timides à une conception moins pessimiste de la situation, et les préparaient à ouvrir l'oreille aux suggestions du parti de l'action.
Vers le même moment, la transformation intime que nous avons déjà signalée dans le parti protestant, s'accentuait : la direction passait des Luthériens aux Calvinistes ou aux sectes voisines du Calvinisme. Le Luthérianisme s'était peu à peu ankylosé en une orthodoxie tracassière, dont les médiocrités et les exigences avaient vite lassé les cœurs généreux et les esprits élevés. L'habitude des voyages et une éducation plus raffinée avaient éveillé dans les âmes des besoins nouveaux que les prédicateurs luthériens ne satisfaisaient plus ou même ne comprenaient pas. Les nobles, les princes, qui avaient connu des directeurs plus instruits, moins timorés, plus mêlés aux affaires du monde, se détournaient de leurs anciens guides. Le Calvinisme, moins exclusif, plus ouvert aux influences étrangères, répondait mieux à la fois aux idées cosmopolites que l'Humanisme avait répandues et aux nécesssités politiques qui commandaient l'union des Protestants en face de l'ennemi.
Cette évolution n'était pas sans danger pour l'avenir du pani réformé ; elle créait une scission profonde entre les chefs et la masse des soldats qui, demeurés fidèles à leurs prédicateurs traditionnels, apprenaient d'eux à détester l'apostasie de leurs princes. Pour le moment, le ré-