I. Skala, p
baptisés au nom de la Très-Sainte-Trinité, nous avons reçu de Dieu des dons différents : aucun de nous ne possède la vérité parfaite, cette vérité nous ne I9 connaîtrons qu'au ciel. Mais nous sommes tous Tchèques; nous sommes le sang les uns des autres; nous avons un seul Dieu, un seul roi, une seule loi. Supportons-nous les uns les autres pour ne pas avoir à supporter des peuples étrangers et lointains qui ne nous supporteraient pas plus les uns que les autres, mais feraient peser sur tous une lourde tyrannie et peutêtre nous chasseraient du pays ' ». Quelques semaines plus tard, Boudovets dénonçait les complots de quelques criminels, « qui, ne désirant pas le bien du royaume et de ses nobles et fidèles sujets, ne pensent qu'à introduire des forces étrangères, dans Tespérance d'opprimer avec leur appui les habitants, de s'enrichir eux et leurs séides et de s'élever en dignité au-dessus des autres ^ ». Ces avertissements et ces appels furent entendus : la majorité catholique abandonna ses chefs, accepta les conditions des Évangélistes et la main qu'ils lui tendaient.
Trahis par leurs soldats, les Romains intransigeants aperçurent bientôt des signes de tiédeur chez les ambassadeurs étrangers; après l'élan irréfléchi des premiers jours, ceux-ci avaient jugé plus froidement la situation, et, mieux instruits de l'état général de l'Europe, ils regardaient comme dangereux de s'engager à fond. Enfin, toute espérance de diviser la diète ou de lasser ses efforts avait disparu, du moment ou la majorité s'était ralliée sans arrièrepensée à Boudovets. Les débats avaient traîné tant que la direction des négociations avait appartenu aux Luthériens qui voulaient à la fois réduire le roi à merci et duper les Frères. Tout changea le jour où l'obstination de la cour, en exaspérant les plus modérés, convainquit tous les dissidents qu'en face d'adversaires irréconciliables le succès exigeait des combattants sans préventions comme sans