‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 197 sur 239 · I. Skala, p · texte numérisé non relu

I. Skala, p

Les derniers mois de i6og furent remplis par l'organisation de la nouvelle Église tchèque dont la Lettre de Majesté avait sanctionné l'existence. Ici encore, l'action de Boudovets fut grande et excellente ' ; des difficultés étaient bientôt survenues entre les théologiens luthériens et ceux de rUnité, sa dignité et son calme arrêtèrent les querelles. Le nouveau Consistoire se composa de six prêtres utracjuistes, de trois Frères et de trois membres de l'Université. Etroitement unis, les Luthériens et les Frères conservaient leurs usages particuliers, leurs rites, leur credo, jouissaient d'une complète liberté pour l'instruction et l'ordination de leurs prêtres. L'équité de ces décisions contribua plus à l'apaisement que de longues conférences : chacun gardait ses croyances, mais les préjugés s'effaçaient; les alliés, rapprochés par calcul, apprenaient à se connaître et à s'estimer. Les Frères, d'abord très raides et un peu hargneux, rassurés désormais, répondaient aux concessions par d'autres concessions, abandonnaient celles de leurs coutumes qui scandalisaient le reste du peuple. D'importantes mesures étaient annoncées pour rendre à l'Université sa prospérité, relever son influence sur les écoles inférieures, améliorer les études, accroître le nombre des étudiants.

D'autres soucis malheureusement détournèrent bientôt les Défenseurs de leurs travaux pacifiques. « Les Évangélistes, écrit Paul Skala, ayant ainsi terminé heureusement leurs affaires et assuré la religion, l'espérance et la conviction de tous étaient que personne ne se hasarderait si facilement à attaquer les conventions solennellement conclues entre les Catholiques et les Protestants et confirmées par

I. Comment se fait-il que Boudovets n*ait pas encore tenté un historien tchèque et qu'on ne lui ait pas élevé un monument analogue à celui que Chloumetsky a dressé à Ziérotyn ? — Tant que les documents n'auront pas été complètement publiés, il est impossible de porter sur lui un jugement général; dans cette année de 1609, il semble s'être élevé non seulement audessus des autres, mais au-dessus de lui-même. Sa conduite antérieure et postérieure prête le flanc à diverses critiques. C'était probablement un esprit moins remarquable que Ziérotyn, et l'intelligence chez lui était inférieure au cœur, mais jamais les admirables qualités de l'Unité n*ont brillé d'un éclat plus serein.

le roi et n'oserait ainsi violer la constitution et insulter le royaume. Il se trouva cependant des gens qui troublèrent terriblement l'espoir des États, et, au premier rang, ceux dont nous avons fait mention plus d'une fois, lés dignes instruments des Jésuites '. » — Les Catholiques, en effet, ne se résignaient pas plus à la tolérance que Rodolphe ne se consolait de ses pertes. L'année n'était pas écoulée que l'horizon se chargeait de nouveaux nuages, et la Bohême était précipitée dans une série de troubles qui aboutirent cette fois à une catastrophe irréparable.

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