‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 202 sur 239 · LES QUATRE VŒUX DES TCHÈQUES · texte numérisé non relu

LES QUATRE VŒUX DES TCHÈQUES

tion sincère survînt entre elle et les Réformés, elle partagerait le sort du Catholicisme.

Le premier devoir de Khlesl était donc d'empccher cette coalition des forces ennemies et il n'est que juste de reconnaître qu'il y travailla consciencieusement. De tous les adversaires du ministre, les Bohèmes étaient les plus acharnés. Mathias n'avait jamais compté dans le pays beaucoup de partisans et on ne l'avait accepté pour roi que sous le coup d'une inéluctable fatalité; depuis longtemps les adversaires des Habsbourgs, fort nombreux parmi les nobles, s'y démenaient beaucoup, et l'exaltation des dernières luttes ne s'y était pas apaisée, parce que les Catholiques y étaient, sinon plus redoutables, du moins plus provoquants qu'ailleurs. Au moment de son élection, Mathias avait promis de respecter toutes les libertés du royaume, y compris la Lettre de Majesté; mais les Bohèmes lui avaient présenté de plus quatre demandes nouvelles : ils auraient le droit de tenir, quand il leur paraîtrait convenable, des assemblées provinciales; ils pourraient lever des soldats sans autorisation préalable; Mathias confirmerait le traité qui, depuis 1609, les liait aux Silésiens et approuverait la convention qu'ils avaient Tintention de signer avec les Magyars et les Autrichiens; un peu plus tard, ils lui demandèrent encore de ratifier et de renouveler les traités anciennement en vigueur entre la Bohême et les princes voisins, en particulier l'Électeur de Saxe. — Quelle que fût la fringale d'ambition de Mathias, et bien que Rodolphe ne fût pas encore absolument isolé, il refusa d'acheter à ce prix la couronne, et on ne saurait s'en étonner. La suppression des assemblées provinciales avait peut-être été le succès le plus réel de Ferdinand P% et depuis lors les souverains, encore qu'ils eussent traversé bien des heures pénibles, n'avaient jamais consenti à en approuver le rétablissement régulier; ces réunions provinciales, où l'opposition se serait organisée, aurait préparé ses programmes et ses moyens d'action, auraient enlevé à la royauté ses dernières armes de défense contre les diètes. D'autre part, en accordant

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