‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 203 sur 239 · TENTATIVE DE RÉACTION · texte numérisé non relu

TENTATIVE DE RÉACTION

aux Etats rautorisation de lever des troupes, la monarchie sanctionnait le droit d'insurrection, en même temps qu'elle achevait de déléguer entre leurs mains le pouvoir exécutif. Enfin la confédération des diverses provinces engageait à jamais l'avenir et supprimait jusqu'à l'espérance d'une restauration monarchique. Dans ces conditions, la dernière exigence des Tchèques qui allait, sous une forme déguisée, à faire des princes voisins, et en particulier des Saxons, les garants de leurs libertés et permettait aux mécontents de solliciter l'intervention étrangère contre leur roi, était presque une superfétation. A quoi bon des secours extérieurs contre une monarchie nominale et réduite à un tel état d'abaissement que Tidée ne lui viendrait même pas d'engager une lutte sans espoir!

Khlesl cette fois leurra la diète de vagues promesses, et la discussion à fond fut renvoyée à la session suivante. Il pensait lui aussi que le temps est galant homme et, en effet, quand la question se rouvrit, il était en meilleure posture. Mathias n'était plus un candidat, mais un souverain, et toute mesure radicale prenait un air révolutionnaire et effarait les timides; puis, Rodolphe était mort, et les divers princes de la maison de Habsbourg avaient reconnu officiellement Mathias comme leur chef; Khlesl, qui avait joué les États et s'en vantait, s'exagéra sa victoire et en abusa.

Aucun changement appréciable ne fut introduit dans le personnel administratif, et les principales charges furent, comme auparavant, occupées presque exclusivement par les personnages les plus compromis dans les derniers incidents et les plus impopulaires. Un seul Protestant, le comte de Thurn, pénétra dans le Conseil privé, mais ses fonctions de grand burgrave de Karlov-Tyn n'étaient qu'une grasse sinécure; Lobkovits et Martinits conservèrent leurs postes, et Slavata reçut de l'avancement. Le même esprit animait le gouvernement qu'avant le changement de règne; si les chartes solennelles n'étaient pas ouvertement violées et si le premier ministre s'attachait, autant que possible, à respecter la lettre de la loi, il suffisait de quelque prévoyance pour

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