INQUIÉTUDES DES PROTESTANTS
principaux articles avaient été modifiés et que le texte primitif avait été altéré, de manière à lui donner un caractère provisoire et révocable. Le traité des Tchèques et des Silésiens était ratifié; mais, sur les quatre autres vœux présentés par la diète, aucune solution n'intervenait; Mathias avait renvoyé sa réponse à la prochaine diète, et cette diète, les Tchèques la réclamaient toujours, et elle n'était jamais convoquée : malgré la pénurie extrême du trésor, Khlesl renonçait aux subsides des États plutôt que de s'exposer à leurs doléances.
La politique de Khlesl, plus active en Bohême qu'en Allemagne, et plus heureuse en apparence, devait fatalement entraîner un conflit. Les plus modérés perdaient patience, et de sombres pressentiments assiégeaient les moins pessimistes. Ziérotyn prévoyait de nouveaux combats et exhortait ses amis à la fermeté; pour lui, disait-il, il était résolu à mourir plutôt que de vivre dans une patrie asservie '. Dieu appesantit sa main sur nous, écrivait-il encore, peut-être le remède sortira-t-il de l'excès du mal. — Mais ces accès de fermeté étaient rares; il n'avait plus sa confiance des années précédentes, écœuré par cette mauvaise foi tenace, découragé par cette obstination qui annulait chacune des victoires des Protestants. Quand Duplessis-Alornay, toujours sur la brèche, lui demandait son appui, il lui répondait mélancoliquement : « Nous sommes presque dans la même situation que sous Rodolphe, aussi nous ne saurions vous être d'aucun secours, parce qu'il faut que nous nous protégions nous-mêmes ^ ».
Comme si ce n'était pas assez des discordes intestines, on était à la veille d'une guerre avec la Porte. « Nous sommes même menacés des dangers d'une guerre, continuait Ziérotyn, une guerre que nous redoutons si fort que l'entêtement du dernier Empereur à la continuer doit être considéré comme la véritable cause de sa chute. Le roi la veut,