‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 208 sur 239 · AFFAIBLISSEICEKT DU POUVOIR ROYAL · texte numérisé non relu

AFFAIBLISSEICEKT DU POUVOIR ROYAL

des ministres furent bientôt visibles. — Depuis la mort de Rodolphe, la situation générale s'était encore aggravée. Pas d'argent : les chevaux mouraient de faim dans les écuries du palais, les harnais et les selles étaient raccommodés avec des cordes comme chez les paysans, les pages étaient plus déchirés que les enfants d'ouvriers ; on prenait à crédit les provisions du Château, et les cuisiniers se disputaient au marché pour avoir le persil qu'on leur refusait. Pour obtenir un crédit de mille écus, de longues négociations étaient nécessaires; on payait 3o à 40 0/0 d'intérêt; les créances sur la couronne étaient vendues avec 90 0/0 de perte. Les ambassadeurs ne partaient pas faute d'argent, et les officiers royaux ne recevaient pas leurs salaires; personne ne voulait plus accepter de fonctions publiques, et ceux qui restaient en charges n'expédiaient pas les affaires ou rattrapaient leurs traitements par des concussions et des vols. Personne n'administrait ni ne surveillait les domaines, et les membres de la Chambre aulique passaient leur temps à se promener ou à banqueter. Aucune direction : les Chancelleries envoyaient dans les provinces des ordres contradictoires. Le Conseil royal était plein d'intrigues. Deux partis se disputaient l'oreille de l'Empereur. Khlesl, qui répugnait aux solutions violentes et désirait par dessus tout ne pas tomber du pouvoir, était dénoncé comme un traître par tous ceux qui convoitaient sa succession. Une faction, toujours plus bruyante, se groupait auprès du prince de Liechtenstein; très remuant, fort ambitieux, sa défection au moment opportun avait grandement contribué au succès de Mathias; il s'exagérait encore ses services et en réclamait le prix. Les Ultra-Catholiques le soutenaient, par haine de Khlesl, et déjà leurs menées, dépassant le ministre, visaient directement le roi; étroitement unis à l'ambassadeur espagnol, ils poussaient au trône Ferdinand de Styrie, pressaient Mathias d'assurer son élection. L'évêque de Vienne, fort mal avec l'Archiduc, traînait lés choses en longueur, et ses conseils de tergiversation étaient fort bien venus auprès du maître,

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