‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 209 sur 239 · ASSEMBLÉE DE LINZ · texte numérisé non relu

ASSEMBLÉE DE LINZ

peu pressé d'abdiquer la moindre parcelle d'un pouvoir si péniblement conquis. On alla jusqu'à imaginer une grossesse d'Anne : les cadeaux de baptême étaient déjà arrivés quand la ruse fut éventée. La rivalité de Khlesl et de Liechtenstein, soutenu par le représentant de Philippe III, Zuniga, était de notoriété publique, et les Réformés comptaient bien en tirer quelque avantange. .

Khlesl avait à défaut de fermeté un certain entêtement; il suivait son idée de croisade, et, pour éviter la diète générale de Prague, où, d'après les promesses de l'Empereur, la discussion s'engagerait avant tout sur les quatre vœux des Tchèques, il convoqua à Linz une assemblée à laquelle assistèrent les délégués, plus ou moins régulièrement désignés, des diverses provinces de la monarchie. C'était une sorte de parlement autrichien, ou, plus exactement, d'assemblée des notables. Depuis les essais assez malheureux de F'erdinand, ces grandes réunions communes étaient presque tombées en désuétude ; mais, en dépit de toutes les répugnances particulières, le temps accomplissait son œuvre, des liens d'intérêt ou de sympathie se créaient entre les divers États des Habsbourgs. Sous quelle forme se ferait l'union? Serait-ce une monarchie absolue ou une confédération de républiques oligarchiques? En principe du moins, elle ne soulevait plus une résistance aussi générale; et même les Bohèmes, chez lesquels les tendances séparatistes étaient toujours ardentes, n'opposèrent aucune objection théorique à ces. délibérations en commun (août 1614).

Khlesl se mouvait à Taise dans ces intrigues de couloir, et il eût fait un excellent tacticien parlementaire. Les questions furent très finement posées. Il présenta aux États des documents qui mettaient hors de toute contestation la perfidie du prince de Transylvanie et justifiaient une intervention autrichienne. Il comptait sur l'appui des Autrichiens proprement dits, sur l'intervention des archiducs et de Zuniga, présents aux délibérations. Isolés, éloignés de leur pays, les délégués seraient plus malléables; les chefs de l'opposition étaient absents. L'évcque espérait enlever un vote

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