‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 210 sur 239 · LA DIETE DE PRAGUE · texte numérisé non relu

LA DIETE DE PRAGUE

de principe: rassemblée, une fois ainsi engagée, ne refuserait pas des subsides que le temps, disait-on, ne permettait pas de demander aux diverses diètes. Celles-ci se plaindraient sans doute, mais il serait bien tard ; elles accepteraient de mauvaise grâce le fait accompli, et les soucis de la campagne contre les Musulmans ne leur laisseraient pas la tranquillité d'esprit nécessaire pour ergoter sur la légalité constitutionnelle du procédé.

Khlesl avait calculé sans ses hôtes. Le leader de l'opposition modérée, Ziérotyn, avait percé à jour ses desseins, et les délégués moraves étaient partis avec des instructions très précises. A toutes les propositions, ils répondirent que leurs pouvoirs étaient limités; ils n'étaient venus que pour écouter et recueillir des renseignements, mais il leur était interdit de prendre aucun engagement et la diète seule avait Tautoritc* nécessaire pour accorder des subsides. Les délégués des autres provinces imitèrent cette réserve ; le parlement que Tévêque avait rêvé n'était plus qu'une réunion sans mandat. Les députés, en réservant expressément leur vote, ne refusaient pas d'ailleurs de faire connaître au ministre leurs sentiments, et il se trouva que ces sentiments étaient aussi opposés que possible à ceux où il espérait les voir. Les Magyars, dont il avait essayé de réveiller le patriotisme, excusèrent le prince de Transylvanie et la Porte; ils ne voulaient de la guerre à aucun prix, précisément parce qu'on s'efforçait de les y engager malgré eux ; les autres étaient aussi ancrés dans leur humeur conciliante. L'assemblée se dispersa sans résultat, et Khlesl fut désormais acculé à la nécessité de convoquer cette diète générale de Prague qui lui causait de si mortelles inquiétudes (juin i6i5).

Elle fut l'occasion pour l'évêque d'une revanche inespérée. Jamais, remarque très justement un historien, une meilleure occasion n'aurait pu s'offrir à l'oligarchie pour compléter et organiser sa victoire : les provinces étaient en pleine possession de leur autonomie politique et nationale; aucune institution centrale dont l'intervention fût gênante ;

Page 1