‹ Fin de l'indépendance bohêmeChapitre 21 sur 239 · PROGRES DU POUVOIR ROYAL · texte numérisé non relu

PROGRES DU POUVOIR ROYAL

dans le même document, de façon à provoquer une certaine confusion. Le 21 juin 1541, un épouvantable incendie éclata à Prague et détruisit la plus grande partie de la Mala- Strana ' et le château royal : les Tables du Pays, (les archives publiques et privées de la Bohême), furent dévorées par les flammes. La diète essaya de réparer le désastre et de reconstituer autant que possible les documents disparus. Ferdinand jugea l'occasion bonne : il demanda aux États de revenir sur la décision en vertu de laquelle il avait été librement élu et de reconnaître le droit héréditaire de sa femme. En fait, le changement était insignifiant, — mais il atteignait les Seigneurs dans une de leurs prétentions constantes, celle de transformer la monarchie en royauté élective, et, de plus, que valaient les anciennes chartes, si les privilèges les plus solennels étaient ainsi mis en question ? L'Assemblée était déjà très mal disposée : les impôts étaient lourds, les passions religieuses fort excitées. Les États n'osèrent pas cependant repousser la proposition royale.

Qu'il ne fallût pas toujours compter sur de semblables aubaines, Ferdinand ne se le dissimulait pas. Aux périodes de prostration succéderaient des périodes de révolte : il n'avait à ce propos aucune illusion, mais pensait qu'il est toujours plus aisé de maintenir que de conquérir, et, prévoyant le combat, s'arrangeait pour le livrer dans de bonnes conditions. Le signe des véritables hommes d'État est que les obstacles mêmes leur servent pour arriver à leurs fins. Le péril turc et la nécessité de veiller en même temps aux intérêts fort compliqués et souvent très divergents de ses diverses provinces semblaient favoriser contre lui l'oligarchie tchèque : le roi sut au contraire trouver dans ces difficultés une force et un point d'appui.

Les États bohèmes avaient beau se désintéresser toujours plus de la politique extérieure, les nécessités de la situation leur imposaient certains sacrifices. Us auraient

I. Le Petit-Côté. On appelait ainsi la cite qui s'était construite sur la rive gauche de la Vltava (Moldau).

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